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INTRODUCTION

L’augmentation de la population mondiale exerce une pression grandissante sur l’agriculture. Cette dernière se doit alors de chercher les stratégies pour satisfaire les besoins alimentaire des populations. A cet effet, la diversification des cultures est l’une des stratégies utilisées. Cela fait appel à certains groupes de cultures vivrières telles que les légumineuses, les céréales, les racines et tubercules etc.

Les tubercules comportent beaucoup d’espèces comestibles, cultivées à travers le monde entier telles que le taro et le macabo. Ces deux plantes qui font l’objet du présent travail, sont cultivées dans les régions tropicales humides comme le Cameroun, la Malaisie etc. Quelles sont donc les techniques et systèmes de production, le cycle de développement, les approches et méthodologies de gestion de ces cultures ?

I-                Généralités

1-1-                      Description

            Les genres Colocasia et  Xanthosoma sont des plantes monocotylédones appartenant à la famille des Araceae, tribu des Colocasieae. Le nombre chromosomique est x= 14 pour Colocasia  et x= 13 pour Xanthosoma. Cette famille comprend également les genres Cyrtosperma, Alocasia etc. les genres Colocasia, Alocasia et Cyrtosperma trouvent leur origine dans le Sud-Est asiatique et les Îles Pacifiques, le sous-continent Indien étant considéré comme centre d’origine des genres Colocasia et Alocasia, alors que l’Indonésie serait le centre d’origine du genre Cyrtosperma. Le genre Xanthosoma est originaire d’Amérique tropicale plus particulièrement d’Amérique centrale et des caraïbes. L’introduction du taro en Afrique, précède celle du macabo.

            Aisément reconnaissables à leurs immenses  feuilles subcordiformes et longuement pétiolées, ces plantes rhizomateuses peuvent atteindre une hauteur de 2m. Elles se différencient facilement entre elles par le mode d’insertion de la feuille sur le pétiole. Chez Colocasia, cette insertion se réalise approximativement vers le tiers inférieur de la feuille, alors que chez Xanthosoma, le pétiole se prolonge à partir de la base de la feuille pour en constituer la nervure médiane. Les pétioles de Xanthosoma sont longs, rigides, épais, aplatis dans la partie supérieure, avec des gaines développées vers la base. Pour Colocasia, les pétioles sont minces, cylindriques et flexibles, sans gaines.

La partie aérienne de la plante se meurt au bout d’un an. Ce sont les cormes qui assurent le caractère pérenne de la plante.

            Dans le genre Colocasia, c’est surtout l’espèce Colocasia esculenta (taro) qui a un intérêt vivrier. La chair des tubercules est blanche, mais certaines variétés sont à chair jaune ou rose. Le tubercule a une forme cylindrique, pesant jusqu’à 4kg, 10 à 30cm de longueur et 5 à 15cm de diamètre. Les tubercules latéraux sont petits et peu nombreux

            L’espèce alimentaire la plus cultivée du genre Xanthosoma est Xanthosoma sagittifolium (macabo ou chou caraïbe). Il est généralement plus grand, plus hâtif et plus productif que Colocasia. La plupart des cultivars montrent une chair blanche. Le tubercule, qui a une longueur d’environ 15 à 25 cm, est plus large vers l’apex (côté tourné vers le sol). Les tubercules latéraux sont produits par quantités de 10 ou plus (d’après ONWUEME, 1978 et PURSEGLOVE, 1985).

            Généralement, il y a chez le taro et le macabo, un tubercule dominant appelé « corme » entouré de quelques petits tubercules ou « cormel ».

PHYTOTECHNIE DU TARO (Colocasia esculenta)  ET DU MACABO (Xanthosoma sagittifolium) clip_image002                                                           clip_image004        Tiges et rhizomes de Colocasia esculenta

Photo 1 : plante et corme de macabo                    Photo 2 : corme du taro                  Photo 3 : tige et rhizome du taro

 

1-2-                      Exigences écologiques

            Le taro et le macabo exigent un climat chaud et relativement humide. Ils préfèrent des températures moyennes supérieures à  21°C et des températures minima ne descendant pas en dessous de 10°C. la photosynthèse est optimale entre 25 et 29°C. une pluviométrie annuelle d’environ 1500 à 2000 mm est nécessaire pour une bonne croissance.

            Une culture de taro ou de macabo a besoin d’un sol léger, sablo-argileux, riche, profond, bien ameubli, avec une nappe phréatiques peu profonde et un pH se situant de préférence entre 5,5 et 6,5. Colocasia, surtout l’espèce C. esculenta, est exigeante du point de vue de la fertilité des sols. Certains cultivars de taro  supportent l’hydromorphie permanente et tolèrent assez bien la salinité.  Le taro se plait à l’ombre et est souvent cultivé sous bananiers ou en intercalaire avec des cultures comme l’igname.

            X. sagittifolium est en règle générale plus rustique que colocasia, certaines variétés  pouvant même se cultiver en altitude (jusque 2000 m en Afrique centrale et au delà des 2OOO m  sur la côte atlantique, par exemple sur le mont Cameroun) et sur sols moins fertiles et moins arrosés. Xanthosoma supporte davantage l’ombrage que colocasia mais ne supporte pas les sols hydromorphes.

 


 

II-             Techniques et systèmes de production

2-1-           Techniques de production

2-1-1-     Mode de reproduction

            Le taro et le macabo se propagent par voie végétative à partir des bourgeons latéraux formés au bas de la tige, plus ou moins développée en plantules ou par des bourgeons terminaux de la partie supérieure du tubercule, par des fragments des rhizomes et également par des tubercules entiers.  Son cycle végétatif peut être complété par la reproduction sexuée. Cette reproduction sexuée est rare dans la nature pour diverses raisons dont la principale serait l’auto-incompatibilité chez la plante (IVANCIC et LEBOT, 1999).

            La multiplication se fait le plus généralement à partir des petits tubercules ou, mieux, de portions apicales de gros tubercules récoltés à maturité. La segmentation des plançons comme pour l’igname est possible. Dans les situations où la saison de culture n’est guère interrompue par une période de sécheresse, la plantation de Xanthosoma peut également se faire au moyen de rejets. A cet effet, on peut établir une parcelle de multiplication en zone humide permanente.

            Il existe une corrélation positive directe entre le poids de la propagule et le rendement final (CABURET et al., 2007). Il faut utiliser des tubercules pesant au moins 150 g chacun comme boutures. Si on utilise les bourgeons, elles doivent mesurer au moins 10-15 cm de long. Le poids des semenceaux pour 1ha est de  1,5 à 2 t pour Colocasia et 2 à 3t pour Xanthosoma.

2-1-2-     Préparation des semenceaux

            Avant  la mise en place, dans le but de protéger les semenceaux contre la maladie de pourriture molle (Phytophthora spp.) et d’autres maladies fongiques,   il est recommandé de traiter les semences comme suit :
- En les séchant pendant 24 heures au soleil
- En les enrobant avec de la cendre
- En les trempant dans une solution insecticide-fongicide puis en séchant 24 heures avant de semer. Les semenceaux peuvent être
immergés, pendant 2 à 3 minutes dans une suspension d’Aliette à 3 g/L d’eau ou dans un mélange de Ridomil Gold MZ 68 (2 g/L) et de Benlate 50% (1 g/L d’eau). Laisser sécher à l’air avant de planter.

2-1-3-     Préparation du sol

            La préparation du sol se fait comme pour la plupart des plantes  à racines et tubercules en donnant la préférence à la plantation sur buttes ou billons. Dans certains pays sous influence asiatique comme Madagascar, on aménage des trous de plantation. En outre, Colocasia, tolérant à l’hydromorphie, peut également se cultiver à plat sous irrigation quasi permanente. Le sol est labouré à une profondeur de 20 à 30 cm et des fossés de 20 cm x 20 cm sont creusés.

2-1-4-     Plantation

            En système pluvial, il est recommandé de planter en début de saison des pluies mais l’absence de dormance permet en fait une plantation à tout moment. La plantation peut se faire dans des trous de 10 cm à 30 cm de profondeur, à plat ou encore sur des billons ou des buttes. La partie supérieure du semenceau portant des bourgeons doit être orientée vers la surface et dépassera le niveau du sol afin d’éviter les pourritures. Un léger paillage permet d’éviter un dessèchement trop rapide des bourgeons.

            Les densités de plantations qui donnent de meilleurs rendements varient de 60 cm à 80 cm sur 80 cm à 1m (soit environ 15000 pieds/ha). En situation moins humide, certaines variétés de Colocasia peuvent être plantées à des écartements de 80 x 50cm. En situation fertile, Xanthosoma pourra être planté à des écartements plus larges, allant de 100 x 100cm. Au Cameroun dans la région de Dschang, on recommande de planter Colocasia à 100 x 50cm et Xanthosoma à 100 x 100cm.

 

2-2-           Systèmes de production

            Dans certains pays de l’Afrique occidentale, la culture du taro est pratiquée d’une manière étendue et intensive (par exemple Côte d’ivoire, Cameroun, Nigéria, Ghana, Sao Tomé et Principe). De même, à Hawaii, en Thaïlande, au Cuba, en Egypte et au Japon, la culture vise des marchés lucratifs et se fait à hauts niveaux d’intrants. Dans ces pays, la culture est irriguée, mécanisée, depuis la plantation jusqu’à la récolte. En Asie du Sud-Est, le taro pluvial est souvent cultivé sur les digues des rizières.

            Le taro et le macabo se cultivent aussi bien en système pluvial qu’irrigué. En culture irriguée, Colocasia végétera plus longtemps. Les cultures irriguées produisent des tonnages sensiblement plus élevées mais ce genre de culture se rencontre fort rarement en Afrique. Mais l’irrigation par aspersion est toutefois déconseillée car les gouttes d’eau transmettent la maladie du mildiou (Phytophtora colocasia).

2-2-1-     Rotation

            Dans plusieurs pays d’Afrique occidentale, le taro et le macabo  se cultivent souvent en plein champ. Au Nigéria, au Cameroun, ils sont souvent plantés après l’igname ou le maïs, voire le gombo mais plus rarement en ouverture de rotation. A la suite du taro ou du macabo viendra généralement le manioc, le maïs ou une deuxième culture d’igname. Colocasia peut être cultivé en rotation avec le riz irrigué dans les rizières. Toutefois, il faudra veiller, lors de l’irrigation, de maintenir la lame d’eau à moins de 4cm du collet. Aux îles Hawaii, sa culture est mécanisée, d’où l’importance des rotations : Taro – canne à sucre – Haricot vert –Taro ; Taro-patate-Taro ; Taro-légumes-Taro. La culture de taro se conduit sur plusieurs années en champs inondés. Au bout de quelques années, on assèche les champs et on fait pousser des tomates, des concombres ou des piments, avant de retourner à la culture de taro inondé.

2-2-2-     Association

            Xanthosoma est associé avec succès au cacaoyer, kolatier, cocotier, hévéa, caféier ou bananier comme cultures intercalaires. Dans les Caraïbes, Xanthosoma s’associe volontiers à l’igname, selon des lignes alternées à un écartement de 1m. En Afrique Occidentale, on utilise volontiers Xanthosoma comme plante d’ombrage pour les jeunes plantations de café ou de cacao.

            Le taro est habituellement cultivé en jardin de case et en association avec d’autres plantes vivrières ou avec d’autres légumes. Au  Nigéria, Colocasia est souvent associé au maïs et à l’igname. Au Ghana, les cultivateurs l’associent d’ordinaire avec  la canne à sucre et parfois avec du maïs, avant d’inonder entièrement le champ.

 

III-             Cycle de développement

            Le cycle de développement complet des Araceae est similaire (IVANCIC et LEBOT, 2000). Il est généralement de 5 à 12 mois pour le taro et le macabo. Mais la différence se trouve dans la durée de la période allant de la germination à la floraison. Cette durée est de 18 mois chez Amorphophallus et moins de 12 mois chez Colocasia esculenta (IVANCIC et LEBOT, 2000).

Le cycle de développement de Colocasia esculenta et de Xanthosoma sagittifolium  peut être découpé en trois phases:

Ø  La phase d’installation

            Elle correspond à la période allant de la plantation à l’apparition des premières feuilles. C’est la période zéro du cycle.

Ø  Phase de développement végétatif

Elle  est caractérisée par la formation et le développement des racines et des cormes. Elle  est aussi marquée par un renouvellement des feuilles et une possible floraison. En effet, la formation et le développement des racines commencent quelques jours après la phase d’installation suivie du rapide développement des jeunes pousses. Jusqu’à la maturité, pendant que les premières feuilles jaunissent et tombent, apparaissent de nouvelles feuilles. Le rythme de renouvellement des feuilles dépend des facteurs climatiques et du stade de développement de la plante. Il est très ralenti à l’approche de la maturité. La formation de la corme principale commence environ trois mois après l’installation (ONWUEME, 1999).

Pour les cultivars produisant beaucoup de cormes secondaires (cormels), la formation de ceux-ci suit immédiatement celle de la corme principale.

            Les différents cultivars du taro et du macabo fleurissent rarement (CABURET et al., 2007). Mais quand la floraison a lieu, elle intervient au moment de la croissance maximale de la plante, soit trois à quatre mois après l’installation, donc au moment de la mise en place de la corme principale (IVANCIC et LEBOT, 2000). La première indication de l’apparition de l’inflorescence est la formation d’une feuille drapeau (IVANCIC et LEBOT, 2000). Une fois le drapeau apparu, la première inflorescence apparaît le plus souvent une à trois semaines après. La floraison est beaucoup influencée par les facteurs climatiques. Les stress dus à l’environnement peuvent arrêter l’initiation florale. Dans ce cas, seule la feuille drapeau indique l’aptitude à la floraison. Elle est aussi associée à la production de substances dont l’odeur attire les insectes pollinisateurs. L’odeur est intensive dans la matinée, un jour avant l’ouverture de l’inflorescence (de la spathe) (IVANCIC et LEBOT, 2000). Selon IVANCIC et LEBOT (2000), les insectes sont les principaux agents de la pollinisation croisée et l’eau de pluie est responsable de l’autogamie. Quand les plantes sont issues de graines, la floraison apparaît cinq (05) à neuf (09) mois après la germination.

 

Ø  Phase de maturation

            Au cours de cette phase, il y a réduction du nombre total de feuilles par plante, diminution de la longueur des pétioles, ralentissement du développement des jeunes pousses et le grossissement des cormes. Ainsi, le développement de l’appareil aérien ralentit au profit de celui des cormes. Lorsque les conditions du milieu deviennent difficiles, le développement des jeunes pousses diminue et les cormes permettent à la plante de résister (ONWUEME, 1999). La récolte a lieu au moment où toutes les feuilles ont séché (CABURET et al., 2007).

 

IV-           Approches et méthodologies de gestion

4-1-           Entretien du taro et du macabo

            Il se limite à un désherbage, chimique ou manuel, pendant les trois premiers mois du cycle. Un ou deux sarclages constituent, jusqu’à la récolte, les seules soins que réclament ces cultures qui couvrent rapidement et totalement le sol de par leurs larges canopées. Au Nigéria, l’utilisation d’herbicides (ametryne, paraquat) a donné des résultats satisfaisants dans le contrôle des mauvaises herbes dans les cultures de Xanthosoma.

            Lorsque qu’ils sont en association, aucun entretien spécial ne leur est réservé, en dehors de celui réservé aux autres cultures en association. Parfois même, les plantes sont abandonnées à elles-mêmes et simplement récoltées.

             Il est nécessaire de faire un buttage après chaque apport de fumure complémentaire, suivi d’un désherbage afin de bien entretenir le champ. Les pertes sont principalement dues aux sécheresses, au Phytophthora ou aux viroses.

 

4-2-           Fertilisation

            Le taro et le macabo  répondent favorablement à tout apport de fumier et d’engrais. Selon Agricultural Research and Extension Unit (2007), dans la pratique la quantité de fumure apportée au taro et au macabo dépend de la variété. Sur sol à fertilité moyenne, les rendements escomptés sont de l’ordre de 15 à 20 t/ha. Les doses de fumure recommandées sont:

-    A  la plantation: 25 à 40 t/ha de fumier décomposé; 200 à 250 kg/ha de superphosphate triple et 300 à 400 kg/ha de sulfate de potassium;

-    six semaines après la plantation: 225 à 300 kg/ha du sulfate d’ammoniaque;

-    deux mois plus tard: 300 à 400 kg/ha du sulfate d’ammoniaque.

            Le fumier et les engrais minéraux sont mélangés au fond des fossés à la plantation. Les fumures complémentaires sont épandues en couronne à une distance de 10 à 15 cm autour de la base des plantes, puis recouvertes d’une couche de terre.

En Afrique Occidentale, la fumure minérale recommandée est d’environ 65kg de N, 50kg de P2O5 et 100kg de K2O. Au  Porto Rico, ces doses sont respectivement de 112, 45 et 112kg.

4-3-           Protection de la culture

4-3-1- Ravageurs et leurs contrôles

            Le taro et le macabo sont peu sujets à l’attaque des ravageurs. Les espèces qui peuvent causer des dégâts importants sont les suivantes : Pucerons (Aphis gossypii) Chenilles (Spodoptera littoralis), Cochenilles (Planoccoccus citri). On obtient un contrôle efficace de ces ravageurs en ayant recours à des pulvérisations d’insecticides tels que Decis 2.5 EC à une dose de 0.5 mL/L d’eau. Délai d’emploi: 3 jours

4-3-2- Maladies et leurs contrôles

Les maladies les plus importantes qui affectent le taro et le macabo  sont:

-    Le mildiou (Phytophthora colocasia) est la maladie la plus grave qui affecte le taro, mais le macabo n’est pas concerné. Le mildiou est favorisé par une condition climatique fraîche et humide. On peut minimiser l’incidence de cette maladie par : utilisation de variétés résistantes ; la culture du taro pendant les périodes sèches ou en cultivant dans des régions à basse altitude où les conditions chaudes et sèches sont défavorables au développement du mildiou ; la pratique d’une bonne sanitation par  enlèvement et destruction  des feuilles infestées ou par l’application avec un fongicide cuprique  tel le Melody Duo à raison de 6 g/L d’eau avec un délai d’emploi de 14 jours.

-     Divers Pythium spp. peuvent provoquer des pourritures des tubercules. L’emploi de fongicides systémiques tels que le metaxyl permet de contrôler le tannia decline causé par le champignon du sol Pythium myriotylum (le taro y est moins sensible) répandu surtout sur les sols hydromorphes. Pour réduire leur gravité, il est conseillé d’effectuer des plantations sur billons et d’appliquer des quantités importantes de matières organiques. Cependant il existe des variétés résistantes. Le taro cv Ede Ukwa du Nigéria est tolérant à sclerotium rolfsii alors que les cultivars jaunes de Xanthosoma au Cameroun l’est à Pythium splendens.

-    Le Dasheen Mosaic Virus (DMV) transmis par les pucerons déprime les rendements des taros et macabos. Il convient d’assainir les cultures dès l’apparition des premiers symptômes par l’arrachage des plants infectés.

 

4-4-           Récolte

La récolte s’effectue de préférence en saison sèche ou par temps sec. Elle doit avoir lieu à la maturité complète, lorsque les feuilles les plus âgées dépérissent (dès que les canopées commencent à flétrir et à sécher). Des récoltes tardives donnent des cormes plus développées (CABURET et al., 2007).  Elle se fait en ouvrant le sol auprès de la plante et en prospectant les cormes bien développées, que l’on détache de la plante-mère par arrachage à la main. Le trou est rebouché. On laisse les jeunes tubercules se développer avant nouvelle récolte. En fait, l’élément principal qui a servi de plante-mère et qui a durci, est rarement récolté. Les nombreuses variétés cultivées nécessitent une période de végétation de 5 à 12 mois. Colocasia étant généralement plus précoce que Xanthosoma.

            Des rendements de 20 t/ha sont fréquemment observés, mais il est possible d’atteindre en culture intensive des rendements de 40 voire 50 t/ha. En Afrique les rendements se situent souvent autour de 5 à 10t/ha. Le macabo fournit, en général, des rendements supérieurs à ceux du  taro dans les mêmes conditions de culture.

 

4-5-       Arrachage

            Il  s’opère à la fin de la première année de culture, environ deux à trois semaines avant la nouvelle plantation. Les éléments reproducteurs sont habillés, les racines sectionnées à 10 cm environ et placées en tas à l’ombre en attendant la plantation, par exemple sous un grenier.

 

 

Conclusion

Le taro et le macabo dont les feuilles et les cormes sont comestibles, sont cultivés en systèmes pluvial et irrigué. Ils sont cultivés aussi bien en monoculture qu’en cultures associées et intégrés dans certains assolements. L’entretien se limite au désherbage et éventuellement à l’apport de fumure et à la lutte phytosanitaire suivant les systèmes intensifs ou non. S’ils sont associés, ils ne nécessitent pas d’entretien spécial à part celui destiné à la culture associée. La récolte se fait lorsque les canopées commencent à  flétrir et à  sécher. 

 


 

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