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PHYTOTECHNIE DU TARO (Colocasia esculenta) ET DU MACABO (Xanthosoma sagittifolium)

Créé par le 28 mar 2011 | Dans : Non classé

rmanbcc@yahoo.fr

INTRODUCTION

L’augmentation de la population mondiale exerce une pression grandissante sur l’agriculture. Cette dernière se doit alors de chercher les stratégies pour satisfaire les besoins alimentaire des populations. A cet effet, la diversification des cultures est l’une des stratégies utilisées. Cela fait appel à certains groupes de cultures vivrières telles que les légumineuses, les céréales, les racines et tubercules etc.

Les tubercules comportent beaucoup d’espèces comestibles, cultivées à travers le monde entier telles que le taro et le macabo. Ces deux plantes qui font l’objet du présent travail, sont cultivées dans les régions tropicales humides comme le Cameroun, la Malaisie etc. Quelles sont donc les techniques et systèmes de production, le cycle de développement, les approches et méthodologies de gestion de ces cultures ?

I-                Généralités

1-1-                      Description

            Les genres Colocasia et  Xanthosoma sont des plantes monocotylédones appartenant à la famille des Araceae, tribu des Colocasieae. Le nombre chromosomique est x= 14 pour Colocasia  et x= 13 pour Xanthosoma. Cette famille comprend également les genres Cyrtosperma, Alocasia etc. les genres Colocasia, Alocasia et Cyrtosperma trouvent leur origine dans le Sud-Est asiatique et les Îles Pacifiques, le sous-continent Indien étant considéré comme centre d’origine des genres Colocasia et Alocasia, alors que l’Indonésie serait le centre d’origine du genre Cyrtosperma. Le genre Xanthosoma est originaire d’Amérique tropicale plus particulièrement d’Amérique centrale et des caraïbes. L’introduction du taro en Afrique, précède celle du macabo.

            Aisément reconnaissables à leurs immenses  feuilles subcordiformes et longuement pétiolées, ces plantes rhizomateuses peuvent atteindre une hauteur de 2m. Elles se différencient facilement entre elles par le mode d’insertion de la feuille sur le pétiole. Chez Colocasia, cette insertion se réalise approximativement vers le tiers inférieur de la feuille, alors que chez Xanthosoma, le pétiole se prolonge à partir de la base de la feuille pour en constituer la nervure médiane. Les pétioles de Xanthosoma sont longs, rigides, épais, aplatis dans la partie supérieure, avec des gaines développées vers la base. Pour Colocasia, les pétioles sont minces, cylindriques et flexibles, sans gaines.

La partie aérienne de la plante se meurt au bout d’un an. Ce sont les cormes qui assurent le caractère pérenne de la plante.

            Dans le genre Colocasia, c’est surtout l’espèce Colocasia esculenta (taro) qui a un intérêt vivrier. La chair des tubercules est blanche, mais certaines variétés sont à chair jaune ou rose. Le tubercule a une forme cylindrique, pesant jusqu’à 4kg, 10 à 30cm de longueur et 5 à 15cm de diamètre. Les tubercules latéraux sont petits et peu nombreux

            L’espèce alimentaire la plus cultivée du genre Xanthosoma est Xanthosoma sagittifolium (macabo ou chou caraïbe). Il est généralement plus grand, plus hâtif et plus productif que Colocasia. La plupart des cultivars montrent une chair blanche. Le tubercule, qui a une longueur d’environ 15 à 25 cm, est plus large vers l’apex (côté tourné vers le sol). Les tubercules latéraux sont produits par quantités de 10 ou plus (d’après ONWUEME, 1978 et PURSEGLOVE, 1985).

            Généralement, il y a chez le taro et le macabo, un tubercule dominant appelé « corme » entouré de quelques petits tubercules ou « cormel ».

PHYTOTECHNIE DU TARO (Colocasia esculenta)  ET DU MACABO (Xanthosoma sagittifolium) clip_image002                                                           clip_image004        Tiges et rhizomes de Colocasia esculenta

Photo 1 : plante et corme de macabo                    Photo 2 : corme du taro                  Photo 3 : tige et rhizome du taro

 

1-2-                      Exigences écologiques

            Le taro et le macabo exigent un climat chaud et relativement humide. Ils préfèrent des températures moyennes supérieures à  21°C et des températures minima ne descendant pas en dessous de 10°C. la photosynthèse est optimale entre 25 et 29°C. une pluviométrie annuelle d’environ 1500 à 2000 mm est nécessaire pour une bonne croissance.

            Une culture de taro ou de macabo a besoin d’un sol léger, sablo-argileux, riche, profond, bien ameubli, avec une nappe phréatiques peu profonde et un pH se situant de préférence entre 5,5 et 6,5. Colocasia, surtout l’espèce C. esculenta, est exigeante du point de vue de la fertilité des sols. Certains cultivars de taro  supportent l’hydromorphie permanente et tolèrent assez bien la salinité.  Le taro se plait à l’ombre et est souvent cultivé sous bananiers ou en intercalaire avec des cultures comme l’igname.

            X. sagittifolium est en règle générale plus rustique que colocasia, certaines variétés  pouvant même se cultiver en altitude (jusque 2000 m en Afrique centrale et au delà des 2OOO m  sur la côte atlantique, par exemple sur le mont Cameroun) et sur sols moins fertiles et moins arrosés. Xanthosoma supporte davantage l’ombrage que colocasia mais ne supporte pas les sols hydromorphes.

 


 

II-             Techniques et systèmes de production

2-1-           Techniques de production

2-1-1-     Mode de reproduction

            Le taro et le macabo se propagent par voie végétative à partir des bourgeons latéraux formés au bas de la tige, plus ou moins développée en plantules ou par des bourgeons terminaux de la partie supérieure du tubercule, par des fragments des rhizomes et également par des tubercules entiers.  Son cycle végétatif peut être complété par la reproduction sexuée. Cette reproduction sexuée est rare dans la nature pour diverses raisons dont la principale serait l’auto-incompatibilité chez la plante (IVANCIC et LEBOT, 1999).

            La multiplication se fait le plus généralement à partir des petits tubercules ou, mieux, de portions apicales de gros tubercules récoltés à maturité. La segmentation des plançons comme pour l’igname est possible. Dans les situations où la saison de culture n’est guère interrompue par une période de sécheresse, la plantation de Xanthosoma peut également se faire au moyen de rejets. A cet effet, on peut établir une parcelle de multiplication en zone humide permanente.

            Il existe une corrélation positive directe entre le poids de la propagule et le rendement final (CABURET et al., 2007). Il faut utiliser des tubercules pesant au moins 150 g chacun comme boutures. Si on utilise les bourgeons, elles doivent mesurer au moins 10-15 cm de long. Le poids des semenceaux pour 1ha est de  1,5 à 2 t pour Colocasia et 2 à 3t pour Xanthosoma.

2-1-2-     Préparation des semenceaux

            Avant  la mise en place, dans le but de protéger les semenceaux contre la maladie de pourriture molle (Phytophthora spp.) et d’autres maladies fongiques,   il est recommandé de traiter les semences comme suit :
- En les séchant pendant 24 heures au soleil
- En les enrobant avec de la cendre
- En les trempant dans une solution insecticide-fongicide puis en séchant 24 heures avant de semer. Les semenceaux peuvent être
immergés, pendant 2 à 3 minutes dans une suspension d’Aliette à 3 g/L d’eau ou dans un mélange de Ridomil Gold MZ 68 (2 g/L) et de Benlate 50% (1 g/L d’eau). Laisser sécher à l’air avant de planter.

2-1-3-     Préparation du sol

            La préparation du sol se fait comme pour la plupart des plantes  à racines et tubercules en donnant la préférence à la plantation sur buttes ou billons. Dans certains pays sous influence asiatique comme Madagascar, on aménage des trous de plantation. En outre, Colocasia, tolérant à l’hydromorphie, peut également se cultiver à plat sous irrigation quasi permanente. Le sol est labouré à une profondeur de 20 à 30 cm et des fossés de 20 cm x 20 cm sont creusés.

2-1-4-     Plantation

            En système pluvial, il est recommandé de planter en début de saison des pluies mais l’absence de dormance permet en fait une plantation à tout moment. La plantation peut se faire dans des trous de 10 cm à 30 cm de profondeur, à plat ou encore sur des billons ou des buttes. La partie supérieure du semenceau portant des bourgeons doit être orientée vers la surface et dépassera le niveau du sol afin d’éviter les pourritures. Un léger paillage permet d’éviter un dessèchement trop rapide des bourgeons.

            Les densités de plantations qui donnent de meilleurs rendements varient de 60 cm à 80 cm sur 80 cm à 1m (soit environ 15000 pieds/ha). En situation moins humide, certaines variétés de Colocasia peuvent être plantées à des écartements de 80 x 50cm. En situation fertile, Xanthosoma pourra être planté à des écartements plus larges, allant de 100 x 100cm. Au Cameroun dans la région de Dschang, on recommande de planter Colocasia à 100 x 50cm et Xanthosoma à 100 x 100cm.

 

2-2-           Systèmes de production

            Dans certains pays de l’Afrique occidentale, la culture du taro est pratiquée d’une manière étendue et intensive (par exemple Côte d’ivoire, Cameroun, Nigéria, Ghana, Sao Tomé et Principe). De même, à Hawaii, en Thaïlande, au Cuba, en Egypte et au Japon, la culture vise des marchés lucratifs et se fait à hauts niveaux d’intrants. Dans ces pays, la culture est irriguée, mécanisée, depuis la plantation jusqu’à la récolte. En Asie du Sud-Est, le taro pluvial est souvent cultivé sur les digues des rizières.

            Le taro et le macabo se cultivent aussi bien en système pluvial qu’irrigué. En culture irriguée, Colocasia végétera plus longtemps. Les cultures irriguées produisent des tonnages sensiblement plus élevées mais ce genre de culture se rencontre fort rarement en Afrique. Mais l’irrigation par aspersion est toutefois déconseillée car les gouttes d’eau transmettent la maladie du mildiou (Phytophtora colocasia).

2-2-1-     Rotation

            Dans plusieurs pays d’Afrique occidentale, le taro et le macabo  se cultivent souvent en plein champ. Au Nigéria, au Cameroun, ils sont souvent plantés après l’igname ou le maïs, voire le gombo mais plus rarement en ouverture de rotation. A la suite du taro ou du macabo viendra généralement le manioc, le maïs ou une deuxième culture d’igname. Colocasia peut être cultivé en rotation avec le riz irrigué dans les rizières. Toutefois, il faudra veiller, lors de l’irrigation, de maintenir la lame d’eau à moins de 4cm du collet. Aux îles Hawaii, sa culture est mécanisée, d’où l’importance des rotations : Taro – canne à sucre – Haricot vert –Taro ; Taro-patate-Taro ; Taro-légumes-Taro. La culture de taro se conduit sur plusieurs années en champs inondés. Au bout de quelques années, on assèche les champs et on fait pousser des tomates, des concombres ou des piments, avant de retourner à la culture de taro inondé.

2-2-2-     Association

            Xanthosoma est associé avec succès au cacaoyer, kolatier, cocotier, hévéa, caféier ou bananier comme cultures intercalaires. Dans les Caraïbes, Xanthosoma s’associe volontiers à l’igname, selon des lignes alternées à un écartement de 1m. En Afrique Occidentale, on utilise volontiers Xanthosoma comme plante d’ombrage pour les jeunes plantations de café ou de cacao.

            Le taro est habituellement cultivé en jardin de case et en association avec d’autres plantes vivrières ou avec d’autres légumes. Au  Nigéria, Colocasia est souvent associé au maïs et à l’igname. Au Ghana, les cultivateurs l’associent d’ordinaire avec  la canne à sucre et parfois avec du maïs, avant d’inonder entièrement le champ.

 

III-             Cycle de développement

            Le cycle de développement complet des Araceae est similaire (IVANCIC et LEBOT, 2000). Il est généralement de 5 à 12 mois pour le taro et le macabo. Mais la différence se trouve dans la durée de la période allant de la germination à la floraison. Cette durée est de 18 mois chez Amorphophallus et moins de 12 mois chez Colocasia esculenta (IVANCIC et LEBOT, 2000).

Le cycle de développement de Colocasia esculenta et de Xanthosoma sagittifolium  peut être découpé en trois phases:

Ø  La phase d’installation

            Elle correspond à la période allant de la plantation à l’apparition des premières feuilles. C’est la période zéro du cycle.

Ø  Phase de développement végétatif

Elle  est caractérisée par la formation et le développement des racines et des cormes. Elle  est aussi marquée par un renouvellement des feuilles et une possible floraison. En effet, la formation et le développement des racines commencent quelques jours après la phase d’installation suivie du rapide développement des jeunes pousses. Jusqu’à la maturité, pendant que les premières feuilles jaunissent et tombent, apparaissent de nouvelles feuilles. Le rythme de renouvellement des feuilles dépend des facteurs climatiques et du stade de développement de la plante. Il est très ralenti à l’approche de la maturité. La formation de la corme principale commence environ trois mois après l’installation (ONWUEME, 1999).

Pour les cultivars produisant beaucoup de cormes secondaires (cormels), la formation de ceux-ci suit immédiatement celle de la corme principale.

            Les différents cultivars du taro et du macabo fleurissent rarement (CABURET et al., 2007). Mais quand la floraison a lieu, elle intervient au moment de la croissance maximale de la plante, soit trois à quatre mois après l’installation, donc au moment de la mise en place de la corme principale (IVANCIC et LEBOT, 2000). La première indication de l’apparition de l’inflorescence est la formation d’une feuille drapeau (IVANCIC et LEBOT, 2000). Une fois le drapeau apparu, la première inflorescence apparaît le plus souvent une à trois semaines après. La floraison est beaucoup influencée par les facteurs climatiques. Les stress dus à l’environnement peuvent arrêter l’initiation florale. Dans ce cas, seule la feuille drapeau indique l’aptitude à la floraison. Elle est aussi associée à la production de substances dont l’odeur attire les insectes pollinisateurs. L’odeur est intensive dans la matinée, un jour avant l’ouverture de l’inflorescence (de la spathe) (IVANCIC et LEBOT, 2000). Selon IVANCIC et LEBOT (2000), les insectes sont les principaux agents de la pollinisation croisée et l’eau de pluie est responsable de l’autogamie. Quand les plantes sont issues de graines, la floraison apparaît cinq (05) à neuf (09) mois après la germination.

 

Ø  Phase de maturation

            Au cours de cette phase, il y a réduction du nombre total de feuilles par plante, diminution de la longueur des pétioles, ralentissement du développement des jeunes pousses et le grossissement des cormes. Ainsi, le développement de l’appareil aérien ralentit au profit de celui des cormes. Lorsque les conditions du milieu deviennent difficiles, le développement des jeunes pousses diminue et les cormes permettent à la plante de résister (ONWUEME, 1999). La récolte a lieu au moment où toutes les feuilles ont séché (CABURET et al., 2007).

 

IV-           Approches et méthodologies de gestion

4-1-           Entretien du taro et du macabo

            Il se limite à un désherbage, chimique ou manuel, pendant les trois premiers mois du cycle. Un ou deux sarclages constituent, jusqu’à la récolte, les seules soins que réclament ces cultures qui couvrent rapidement et totalement le sol de par leurs larges canopées. Au Nigéria, l’utilisation d’herbicides (ametryne, paraquat) a donné des résultats satisfaisants dans le contrôle des mauvaises herbes dans les cultures de Xanthosoma.

            Lorsque qu’ils sont en association, aucun entretien spécial ne leur est réservé, en dehors de celui réservé aux autres cultures en association. Parfois même, les plantes sont abandonnées à elles-mêmes et simplement récoltées.

             Il est nécessaire de faire un buttage après chaque apport de fumure complémentaire, suivi d’un désherbage afin de bien entretenir le champ. Les pertes sont principalement dues aux sécheresses, au Phytophthora ou aux viroses.

 

4-2-           Fertilisation

            Le taro et le macabo  répondent favorablement à tout apport de fumier et d’engrais. Selon Agricultural Research and Extension Unit (2007), dans la pratique la quantité de fumure apportée au taro et au macabo dépend de la variété. Sur sol à fertilité moyenne, les rendements escomptés sont de l’ordre de 15 à 20 t/ha. Les doses de fumure recommandées sont:

-    A  la plantation: 25 à 40 t/ha de fumier décomposé; 200 à 250 kg/ha de superphosphate triple et 300 à 400 kg/ha de sulfate de potassium;

-    six semaines après la plantation: 225 à 300 kg/ha du sulfate d’ammoniaque;

-    deux mois plus tard: 300 à 400 kg/ha du sulfate d’ammoniaque.

            Le fumier et les engrais minéraux sont mélangés au fond des fossés à la plantation. Les fumures complémentaires sont épandues en couronne à une distance de 10 à 15 cm autour de la base des plantes, puis recouvertes d’une couche de terre.

En Afrique Occidentale, la fumure minérale recommandée est d’environ 65kg de N, 50kg de P2O5 et 100kg de K2O. Au  Porto Rico, ces doses sont respectivement de 112, 45 et 112kg.

4-3-           Protection de la culture

4-3-1- Ravageurs et leurs contrôles

            Le taro et le macabo sont peu sujets à l’attaque des ravageurs. Les espèces qui peuvent causer des dégâts importants sont les suivantes : Pucerons (Aphis gossypii) Chenilles (Spodoptera littoralis), Cochenilles (Planoccoccus citri). On obtient un contrôle efficace de ces ravageurs en ayant recours à des pulvérisations d’insecticides tels que Decis 2.5 EC à une dose de 0.5 mL/L d’eau. Délai d’emploi: 3 jours

4-3-2- Maladies et leurs contrôles

Les maladies les plus importantes qui affectent le taro et le macabo  sont:

-    Le mildiou (Phytophthora colocasia) est la maladie la plus grave qui affecte le taro, mais le macabo n’est pas concerné. Le mildiou est favorisé par une condition climatique fraîche et humide. On peut minimiser l’incidence de cette maladie par : utilisation de variétés résistantes ; la culture du taro pendant les périodes sèches ou en cultivant dans des régions à basse altitude où les conditions chaudes et sèches sont défavorables au développement du mildiou ; la pratique d’une bonne sanitation par  enlèvement et destruction  des feuilles infestées ou par l’application avec un fongicide cuprique  tel le Melody Duo à raison de 6 g/L d’eau avec un délai d’emploi de 14 jours.

-     Divers Pythium spp. peuvent provoquer des pourritures des tubercules. L’emploi de fongicides systémiques tels que le metaxyl permet de contrôler le tannia decline causé par le champignon du sol Pythium myriotylum (le taro y est moins sensible) répandu surtout sur les sols hydromorphes. Pour réduire leur gravité, il est conseillé d’effectuer des plantations sur billons et d’appliquer des quantités importantes de matières organiques. Cependant il existe des variétés résistantes. Le taro cv Ede Ukwa du Nigéria est tolérant à sclerotium rolfsii alors que les cultivars jaunes de Xanthosoma au Cameroun l’est à Pythium splendens.

-    Le Dasheen Mosaic Virus (DMV) transmis par les pucerons déprime les rendements des taros et macabos. Il convient d’assainir les cultures dès l’apparition des premiers symptômes par l’arrachage des plants infectés.

 

4-4-           Récolte

La récolte s’effectue de préférence en saison sèche ou par temps sec. Elle doit avoir lieu à la maturité complète, lorsque les feuilles les plus âgées dépérissent (dès que les canopées commencent à flétrir et à sécher). Des récoltes tardives donnent des cormes plus développées (CABURET et al., 2007).  Elle se fait en ouvrant le sol auprès de la plante et en prospectant les cormes bien développées, que l’on détache de la plante-mère par arrachage à la main. Le trou est rebouché. On laisse les jeunes tubercules se développer avant nouvelle récolte. En fait, l’élément principal qui a servi de plante-mère et qui a durci, est rarement récolté. Les nombreuses variétés cultivées nécessitent une période de végétation de 5 à 12 mois. Colocasia étant généralement plus précoce que Xanthosoma.

            Des rendements de 20 t/ha sont fréquemment observés, mais il est possible d’atteindre en culture intensive des rendements de 40 voire 50 t/ha. En Afrique les rendements se situent souvent autour de 5 à 10t/ha. Le macabo fournit, en général, des rendements supérieurs à ceux du  taro dans les mêmes conditions de culture.

 

4-5-       Arrachage

            Il  s’opère à la fin de la première année de culture, environ deux à trois semaines avant la nouvelle plantation. Les éléments reproducteurs sont habillés, les racines sectionnées à 10 cm environ et placées en tas à l’ombre en attendant la plantation, par exemple sous un grenier.

 

 

Conclusion

Le taro et le macabo dont les feuilles et les cormes sont comestibles, sont cultivés en systèmes pluvial et irrigué. Ils sont cultivés aussi bien en monoculture qu’en cultures associées et intégrés dans certains assolements. L’entretien se limite au désherbage et éventuellement à l’apport de fumure et à la lutte phytosanitaire suivant les systèmes intensifs ou non. S’ils sont associés, ils ne nécessitent pas d’entretien spécial à part celui destiné à la culture associée. La récolte se fait lorsque les canopées commencent à  flétrir et à  sécher. 

 


 

Bibliographie

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AGRICULTURE BIOLOGIQUE ET COMMERCE EQUIABLE

Créé par le 16 mar 2011 | Dans : Non classé

Introduction

L’intensification de l’agriculture a entrainé l’épuisement des ressources naturelles  et la consommation de masse génère de plus en plus de déchets qu’il faut éliminer.L’utilisation de produits chimiques pour la production de masse entraîne des impacts environnementaux et sanitaires importants. Les sols sont épuisés, les nappes phréatiques polluées, les populations intoxiquées par les pesticides. Suite à ces problèmes, les producteurs se doit d’adopter de nouvelle technique de production qui se veut respectueuse de l’environnement et de la santé humaine. Ainsi a vu le jour une nouvelle forme agriculture appelée : agriculture biologique.Dans la vision de la préservation de l’environnementet d’assurer des revenus décents aux paysans des pays en voie développement (PED) par des relations de solidarité directe avec les consommateurs du nord, un nouveau type  de commerce s’est développé : le commerce équitable.A travers notre développement nous essayerons d’expliquer ces deux concepts , tout en faisant sortir la relation qui les lie.    


 

 

1- L’agriculture biologique

1-1Définition

L’agriculture biologique est un système de production agricole spécifique qui exclut l’usage d’engrais et pesticides de synthèse, et des organismes génétiquement modifiés. C’est donc une agriculture qui se veut respectueuse du sol et des cycles naturels.

La lutte contre les mauvaises herbes, les parasites et les maladies est par conséquent essentiellement préventive.L’agriculture biologique repose sur l’amélioration de la structure et de la fertilité du sol, sur un choix équilibré de culture et sur la mise en œuvre de système de rotation des cultures diversifiées. Elle conjugue tradition et respect de la nature avec des connaissances scientifiques.

1-2 Principes de l’agriculture biologique

L’agriculture biologique se fonde sur un certain nombre de principes et de pratiques pour réduire au minimum notre impact sur l’environnement, en travaillant la terre de manière aussi naturelle que possible. Ainsi L’IFOAM, (International Federation of Organic Agriculture Movements) qui fédère la plupartdes mouvements d’agriculture biologique dans le monde, a cependant défini quatre(04) principes surlesquels doit se fonder l’AB quelque soit le cahier des charges concerné :

-          santé : l’AB doit soutenir et améliorer la santé des sols, des plantes, des animaux et deshommes de la planète considérée comme étant une entité indivisible

-          écologie : l’AB doit être fondée sur les cycles et les systèmes écologiques vivants,s’accorder avec eux, les imiter et les aider à se maintenir

-          équité : elle doit se construire sur des relations qui assurent l’équité par rapport àl’environnement commun

-          principe de précaution : elle doit être conduite de manière prudente et responsableafin de protéger le bien être des générations futures et l’environnement

 1-3 La certification en agriculture biologique

C’est le moyen d’apporter au client la garantie que la réglementation et/ou le cahier des charges sont bien respectés dans le processus de production/transformation. La certification est le plus souvent assurée par une “tiers partie”, c’est à dire à un organisme indépendant, accrédité par l’autorité ayant établi le règlement ou par le propriétaire du cahier des charges. Cet organisme va contrôler, par tous les moyens appropriés, que toutes les étapes de la production, transformation et de distribution sont conformes au référentiel pour lequel il a été mandaté.

En pratique le fournisseur doit appliquer la réglementation en vigueur dans les différents marchés vers lesquels il compte exporter, ce qui peut entraîner une multiplication des certifications et donc des coûts.

 

1-4 La distribution et marché des produits biologiques

La distribution des produits biologiques s’est historiquement développée au sein de réseauxspécialisés (BIOCOOP en France ou Reformhaus en Allemagne par exemple) qui souventdistribuaient également les produits diététiques.Mais depuis quelques années la Grande Distribution s’est fortement investie sur ce segmentpour profiter de son développement. Elle est cependant très diversement représentée selon lespays 70 à 80% UK, Suisse, Scandinavie, 65% Belgique Autriche, 37% en France etseulement 25% en Allemagne où les réseaux spécialisés sont très bien implantés.

            La Grande Distribution joue un rôle important dans le développement du marché des produitsbiologiques pour 3 raisons :

-          elle met les produits biologiques à disposition d’un grand nombre de consommateurs, etnotamment de ceux qui n’auraient pas fait la démarche de s’approvisionner dans descircuits spécialisés

-          elle a un pouvoir de communication très important

-          elle accélère la diffusion du bio par le développement rapide des produits biologiques à marquedistributeur mais également par leur présence de plus en plus fréquente dans lesmagasins discount.

Les produits les plus vendus en Bio sur le marché européen sont les produits laitiers (prèsd’1/3 de la valeur totale du marché des produits bio) et les aliments pour bébé (5% desaliments pour bébé vendus en Europe sont bio). Mais le marché se développe pour tous lesproduits, y compris les produits non alimentaires (textile, cosmétiques).

Le marché des produits biologiques est caractérisé par trois données principales:

-          il est essentiellement concentré dans les pays à fort pouvoir d’achats,

-          il représente une faible part des achats de produits alimentaires : 1 à 3% selon lespays,

-          il connaît depuis une décennie une croissance à 2 chiffres dans tous ces pays (20 à30% pour les USA et l’UE)

Les principaux marchés sont les Etats Unis et l’UE avec plus de 15Md USD chacun. Le marché Allemand représente à lui seul le quart du marché européen (4Md € en 2005).

 

1-5 La consommation

Cela permet d’aborder la question des motivationsdes consommateurs bios. Lesconsommateurs « historiques » des années 70-80 consommaient des produits bios par« philosophie de vie ».Les crises alimentaires des années 90 (dioxine dans les œufs et produits laitiers, vache folle)on fait prendre conscience à un grand nombre de consommateurs de certaines dérives del’agro-industrie mais aussi du fait que la santé se gérait aussi dans l’assiette. Nombre d’entreeux ce sont alors progressivement tournés vers les produits bios dans le but de préserver leur santé, qui est aujourd’hui la principale motivation d’achat et de consommation des produitsbio.

On pourrait assister dans les prochaines années à une troisième vague de nouveaux consommateurs, qui auraient comme motivation supplémentaire lapréservation del’environnementqui devient un thème majeur du marketing.

Le différentiel de prix qui demeure entre les produits bio et les produits conventionnels (enmoyenne de 20 à 40%) reste néanmoins aujourd’hui un frein au développement du marchémême si l’alimentation ne pèse plus qu’une part modeste (15-18%) dans les dépenses desménages européens.

Aussi les produits bio sont avant tout achetés par les ménages aux revenus aisés, de tailleréduite et souvent relativement âgés (la cinquantaine). Une tendance nouvelle se dégagecependant chez les jeunes parents, qui sont de plus en plus nombreux à acheter des produitsbios pour la consommation de leurs enfants.

 

2- Commerce équitable

2-1 Définition

Le commerce équitable est un partenariat commercial, technique et social fondé sur le dialogue, la transparence et le respect dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Il contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète (FINE).

Ses activités ont commencé dans les années 50 d’abord aux Etats Unis et en Angleterre, puis dans le reste de l’Europe. A leur début, elles n’étaient réalisées que par des associations militantes de solidarité avec les pays pauvres du Sud. Ce n’est qu’à partir des années 90 et surtout depuis ces cinq dernières années que le commerce équitable suscite fortement l’intérêt des consommateurs, des entreprises et des gouvernements. Le publique accueille en général avec sympathie ces initiatives qui contribuent au développement durable. Les entreprises, notamment celles de grandes distributions, prennent conscience du fait que le marché du commerce équitable est devenu l’un des plus dynamiques dans les échanges internationaux

L’objectif du commerce équitable est de favoriser le développement économique etsocial en rééquilibrant les relations entre les acteurs d’échanges commerciaux dont lespoids économiques, et par conséquent les pouvoirs de négociation sont trèsdéséquilibrés.

 

2-2 Principes du commerce équitable

Au-delà de la définition proposée par FINE (FLO, IFAT, NEW, EFTA), la plupart des acteurs se reconnaissent sur un ensemble de principes à respecter :

-          Dans une approche solidaire du commerce équitable, travailler d’abord avec les producteurs parmi les plus défavorisés,

 

-          Refuser systématiquement une quelconque forme d’esclavage ou de travail forcé, y compris l’exploitation des enfants, soit des conditions de travail correspondant au moins aux réglementations existantes ainsi qu’aux normes minimales définies par l’OrganisationInternationale du Travail,

 

-          Des relations commerciales à long terme et si possible directes, dans un esprit de partenariatqui incluent dans la plupart des cas, un accompagnement des producteurs,

 

-          Contractualiser entre les différents partenaires des garanties portant sur : le prix du produit(juste rémunération des acteurs économiques prenant en compte leurs besoins et ceux de leursfamilles, notamment en termes de formation, de santé, de protection sociale et permettant unsurplus pour le développement social), la qualité des produits, le préfinancement et lagaranti des commandes,

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-          Une production et une activité respectant l’environnement,

 

-          Assurer la transparence dans le fonctionnement des différents partenaires et auprès du public,transparence qui passe par une information réciproque à chaque étape sur les conditions detravail, les salaires, la durée des relations, les processus de production et de distribution, lesprix, les marges…,

 

-          Accepter le contrôle sur le respect de ces principes, à chaque étape du processus,

 

-          Une information permanente des consommateurs et leur sensibilisation afin d’encourager uncomportement responsable.A partir de là, il faut bien souligner le caractère multidimensionnel du commerce équitable :

 

-          Une dimension commerciale favorisant relation équilibrée au bénéfice des producteurs ettravailleurs désavantagés des pays du Sud,

 

-          Une dimension liée au développement à travers le renforcement des organisations deproducteurs et de travailleurs du Sud sur les plans financier, technique et opérationnel,

 

-          Une dimension éducative, par l’information et la sensibilisation des citoyens des pays du Nordet des partenaires du Sud,

 

-          Une dimension politique, par un engagement pour plus de justice dans les règles du commerceconventionnel international.

 

 

 

 

 

 

 

2-3 Les principaux acteurs du commerce équitable

Ø  Les ONG (Organisation Non Gouvernementale)

            Les ONG ont compris que le commerce équitable pouvait répondre aux quatre grands enjeuxplanétaires pour lesquels elles s’investissent souvent :

-          Protection et conservation des écosystèmes

-          Justice sociale

-          Responsabilité économique

-          L’éradication de la pauvreté.

Elles sont aujourd’hui très présentes dans de nombreux programmes de commerce équitable.

 

Ø  Les entreprises

Le commerce équitable est un acte de commerce. Et cet acte de commerce ne peut pas être leseul fait des ONG mais doit prendre en compte l’engagement des entreprises.Aujourd’hui de nouvelles organisationsqui placent les acteurs économiques au cœur de ladémarche, ont une action différente qui s’inscrit dans une logique de développementéconomique durable. Elles accompagnent des entreprises profondément responsabilisées,dans la mise en place d’actions et d’engagements qui sous-tendent la démarche du commerce équitable.

 

Ø  Les associations possédant un cahier des charges, une marque, ou un « label »

L’absence de réglementation nationale ou internationale fait qu’à ce jour ce sont le plussouvent des associations qui gèrent l’attribution des marques de reconnaissance du commerceéquitable. Elles rédigent leurs propres cahiers des charges, définissent les procédures decontrôle, attribuent une marque, parfois qualifiée de « label », dont elles gèrent lacommunication.

La diversité et la multiplicité des approches font qu’il est urgent que les pouvoirs publicss’emparent de se dossier afin de garantir au consommateur les critères retenus sous le vocable« commerce équitable »

Il existe peu de chiffres globaux récents sur le commerce équitable.Selon le rapport Fair Trade (99), le volume des produits faisant l’objet du commerce équitables’élevait à peine à 0,1% du commerce européen avec le Tiers Monde.En 2002, d’après FLO, 60 000 tonnes de produits alimentaires « labellisés » ont étécommercialisés soit une augmentation de plus de 21% par rapport à l’année précédente. EnFrance 2240 tonnes ont été commercialisées en 2002.Les produits alimentaires représentent +/- 60% du chiffre d’affaires du commerce équitable.

 

2-4  Lesorganisations du commerce équitable

Les organisations internationales sont  largement concernées par le commerce équitable qui vise à introduire en leur sein le souci d’équité et de justice dans le commerce international. Auprès de l’OMC, de la CNUCED, de l’OMT, de l’UNESCO notamment, mais aussi auprès des entités économiques et politiques internationales subrégionales telles que l’UnionEuropéenne, les acteursde commerce équitable imposent de nouveaux débats tout comme d’autres acteurs de l’altermondialisme  dans le cadre duquel ils s’inscrivent.

Les organisations de commerce équitable sont regroupées dans des fédérations nationales et internationales, qui ont des fonctions de coordination et de promotion du mouvement.Au niveau international existent différentes fédérations ; leur diversité est à l’image de la diversité des acteurs du commerce équitable :

-          l’association FLO (Fairtrade Labelling Organizations) rassemble depuis 1997 les organismes de labellisation du commerce équitable ainsi que les réseaux de producteurs certifiés. La certification FLO porte sur les produits et non sur les entreprises.

 

-          WFTO (World Fair Trade Organization), anciennement IFAT (International Federation for Alternative Trade – ou International Fair Trade Association), qui existe depuis 1989, est généraliste. Elle a lancé en 2004 l’accréditation FTO (Fair Trade Organization), qui a pour caractéristique essentielle de certifier lecommerce équitable non pas des produits mais des organisations.

 

-          le réseau NEWS (Network of European Worldshops) rassemble depuis 1994 les différents réseaux nationaux de magasins spécialisés.

 

-          l’EFTA (European Fair Trade Association) rassemble depuis 1990 onze (11) importateurs de produits du commerce équitable européen.

Ces quatre fédérations sont regroupées en 1998 dans un réseau informel nommé FINE, pour : Fairtrade Labelling Organizations, International Federation for Alternative Trade, Network of European Worldshops et European Fair Trade Association.

En Amérique du Nord, la Fair Trade Federation  rassemble depuis 1994 plusieurs dizaines d’importateurs de produits équitables au Canada et aux États-Unis.

Les associations étudiantes sont aussi particulièrement actives dans la promotion du commerce équitable sur leurs campus respectifs et dans leurs communautés. Aux États-Unis, la grande majorité de ces groupes se sont affiliés à l’association United Students for Fair Trade. Au Canada, la plupart des associations étudiantes engagées dans la promotion du commerce équitable sont affiliées au Réseau étudiant canadien pour le commerce équitable.

 

2-5 Evolution  du commerce équitable dans le monde

Le commerce équitable représente une part très marginale du commerce international. On estime que les échanges équitables bénéficient à 1,5 millions de paysans dans le monde. Il est devenu le marché qui connaît la croissance la plus rapide au monde. L’Europe représente à elle seule près de 60 % du marché du commerce équitable mondial et a enregistré en 2005 un chiffre d’affaires de 660 millions d’euros, soit + 154 % en cinq ans réalisés dans 79 000 points de vente, dont 55 000 supermarchés. La Suisse et le Royaume-Uni sont en tête avec des parts de marché significatives : 47 % du marché des bananes en Suisse, 5,5 % du marché du Café au Royaume-Uni. Les magasins spécialisés en commerce équitable sont au nombre de 2 800 et rassemblent 100 000 bénévoles.

Selon le sondage Pèlerin-CCFD / TNS-Sofres publié le 20 avril 2006, 42 % des Français déclarent avoir acheté des produits « équitables » au cours des douze derniers mois. La croissance du secteur pour 2003/2004 s’élèverait à 103 % (83 % pour la grande distribution et 115 % pour les autres acteurs) et à 38 % l’augmentation du nombre de références de produits. Le chiffre d’affaires global, en France, alimentaire et non alimentaire, s’élèverait à 230 millions d’euros.

À l’origine, les boutiques de commerce équitable touchaient essentiellement à l’artisanat et au textile. Puis la gamme de produit s’est peu à peu diversifiée. Outre les textiles et l’artisanat, au début du XXIe siècle, de nombreux autres produits, généralement de l’alimentation, font aujourd’hui l’objet d’un commerce équitable. Le café est devenu le produit équitable le plus vendu. L’habillement, notamment de coton fait l’objet de nouvelles formes d’échange. La mise en place d’une « garantie » équitable pour le coton, par Max Havelaar, en avril 2005, a contribué à la mise en place de produits de mode issus du commerce équitable. D’autres initiatives, indépendantes de la marque, ont également vu le jour dans la mode. Parmi les pionniers de la mode équitable se trouvent les vêtements Switcher (depuis 1981), les vêtements Ideo ou encore les baskets Veja. Les engagements sociaux de ces nouvelles marques, souvent associés à des préoccupations environnementales fortes concernent la production des matières premières, leur transformation (filage, tissage) et leur assemblage. On trouve également des projets de commerce équitable dans d’autres secteurs comme les jeux et jouets Ludeki.

Des gammes de cosmétiques équitables ont également vu le jour. Souvent biologiques et associées à une démarche de respect de l’environnement, certaines d’entre elles ont fondé leur principe sur la valorisation des savoir-faire traditionnels liés aux plantes et à la pharmacopée ancestrale. C’est le cas de Forest People ou encore Guayapi qui proposent des produits directement issus de ces recettes traditionnelles (Amazonie, Sri Lanka, Madagascar, Maroc, Burkina Faso…). Les objectifs revendiqués par ces associations sont toujours de valoriser et pérenniser des savoir-faire traditionnels, de maintenir ouverts des ateliers familiaux tout en favorisant la biodiversité et en luttant contre la déforestation.

Ø  Destination des produits équitables

L’Europe est la principale destination des produits issus du commerce équitable.Ainsi, sur les 58 000 tonnes de produits alimentaires équitables qui sont exportés à travers lemonde, 22 000 le sont à destination de l’Europe. Près de 80% de la production de cafééquitable y est aussi distribuée.Par ailleursles leaders de la consommation équitable sont :

-          le marché suisse où 47% des bananes vendues sont issues du commerce équitable,

-          le marché néerlandais,

-          le marché britannique où les ventes de café équitable ont atteint près de 50 millions de livres en 2004, soit 71,7 millions d’euros,

-          le marché autrichien où, du fait d’une importante médiatisation, le café biologiqueéquitable représente 70% de ce marché.

 

 

Ø  Consommation des produits équitables

 

Déjà en 2002, la consommation de produits « labellisés » explose dans certains pays commela Suisse, atteignant 10,16 € par an et par habitant. En 2005, ce chiffre progresse encore etatteint 18 € par an et par habitant. La France, classée dans les « mauvais élèves » avec uneconsommation faible de 1,20 € par an et par habitant en 2005, rattrape peu à peu son retard. Par exemple, la consommation de café portant le logo Max Havelaar a presque doubléchaque année depuis 5 ans, passant de 495 tonnes en 2000 à 3 860 tonnes en 2004. Comme pour les produits bio la distribution des produits du commerce équitable est sorti des circuits alternatifs (Oxfam, Artisans du Monde) et bio pour investir les linéaires de la grandedistribution.On assiste à un véritable phénomène de mode dont sont se emparés les distributeurs.

 

 3- Agriculture biologique et commerce équitable

3-1 Relations entre et l’agriculture biologique etle commerce équitable

Les organisations du commerce équitable sont devenues un important canal de distribution pour les produits biologiques en Europe, en particulier en Allemagne, en Suisse et au Pays-Bas, mais aussi sur un certain nombre d’autres marchés. La préoccupation première du commerce équitable est la situation sociale et économique des agriculteurs et producteurs du Sud plutôt que l’agriculture biologique en tant qu’idéal, mais les deux mouvements ont tendance à se rejoindre, étant donné qu’ils contribuent tous deux à établir une durabilité réelle. La distribution selon les principes du commerce équitable revêt une importance particulière pour un certains nombre de groupes de produits originaires de pays en développement notamment les bananes, le café, le cacao, le miel et le thé.L’agriculture biologique et le commerce équitable sont deux approches complémentaires comme l’atteste l’évolution actuelle du marché, qui voit se multiplier, après le double étiquetage « agriculture biologique et label rouge » ou « agriculture biologique et certification de conformité », le double étiquetage « agriculture biologique et commerce équitable » L’Agriculture biologique et commerce équitable suivent donc des chemins parallèles et ont tout intérêt à entretenir des relations mutuelles pour éviter les erreurs et assurer une progression conjointe. Les produits issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable contribuent  davantage valoriser une certaine idée de la l’agriculture biologique.

 

Ø  Contexte de l’agriculture biologique et du commerce équitable  et textes de référence

La démarche de commerce équitable doit intégrer dans son approche  environnementale le mode de production biologique,  véritable pilier du  développement durable. Il constitue en effet une alternative à l’utilisation d’intrants  chimiques de synthèse, dont l’utilisation coûteuse  est également préjudiciable à  l’environnement ainsi qu’à la santé humaine et animale.  Le référentiel BIO EQUITABLE s’appuie donc de façon non limitative aux  règlements d’agriculture biologique.

Les règlements d’agriculture biologique européens CEE en cours d’application et  leurs modifications ultérieures, les référentiels « National Organic Program » aux  USA (USDA) et JAS au Japon, ainsi que les versions  provisoires du Codex  Alimentarius (FAO/OMS) ne traitent pas explicitement et précisément de critères du  commerce équitable.  Or, pour que le commerce mondial soit durable et équitable, des clauses sociales et  environnementales précises doivent être introduites dans les modalités de production, de transformation et de transactions commerciales, ainsi que de transports et de distribution des produits ou services concernés

Dans le domaine du Commerce Equitable aucune réglementation n’est entrée  en vigueur. Le référentiel BIO EQUITABLE s’appuie donc de façon non limitative aux textes suivants:

-          La définition du Commerce Equitable donnée par FINE

-          Les trois grands principes énoncés dans l’accord AFNOR AC X50-340

-          L’article 60 de la loi n°2005-882 du 2 août 2005  en faveur des Petites et  Moyennes Entreprises

-          Son décret relatif aux conditions de la reconnaissance de la dénomination de commerce équitable, en application de la loi du 2 août 2005.

3-2  Les principes du bio équitable

Le référentiel Bio Equitable repose sur l’application des trois principes fondamentaux,  complémentaires et indissociables suivants :

-          Principe 1 : L’équilibre de la relation commerciale entre les partenaires ou co- contractants visant à un développement économique et social du petit  producteur ou du travailleur et de leur famille. Il doit permettre  d’instaurer un partenariat durable entre les différents acteurs des  filières avec pour finalité un développement profitant à l’élévation économique et sociale du petit producteur ou travailleur ;

-          Principe 2 : L’appui technique et l’accompagnement des producteurs et/ou des  organisations de producteurs engagés dans le commerce équitable par  une politique de développement fondée sur le respect des droits fondamentaux du travail et de l’environnement (maintien de la biodiversité et les équilibres naturels en complément de la réglementation sur l’agriculture biologique) ;

-          Principe 3 : La sensibilisation et l’information des consommateurs.

L’application de ces principes vise à permettre au producteur ou travailleur de : 

-          Sortir d’une économie de subsistance et d’accéder à l’éducation, à la culture,  aux soins etc.,

-          Pérenniser son activité par un engagement de l’entreprise opératrice sur des  volumes d’activité suffisants permettant un développement durable,

-          Bénéficier d’une amélioration des conditions des termes de l’échange par une  répartition plus juste du produit de la valeur ajoutée entre les producteurs et  l’ensemble des autres acteurs de la filière.

 

3-3 Certification des produits biologiques sur le marché équitable

Ø  Conditions générales et critères d’attribution de la marque BIO EQUITABLE

 Sept grands types de critères du Bio Equitable sont définis dans le présent référentiel :

-          La certification suivant l’un au moins des règlements d’Agriculture Biologique reconnus au niveau international (CEE, JAS, NOP,…),

-          La logique de développement économique et social du petit producteur ou du travailleur et de leur famille par la contractualisation des engagements entre les entreprises opératrices et les producteurs ou organisations de producteurs et/ou les représentants des acteurs intermédiaires des filières,

-          La prise en charge totale des coûts de certification biologique et de vérification commerce équitable (Bio Equitable) par les porteurs de projets (entreprises opératrices et/ou organisations de producteurs et/ou les institutions internationales) pour qu’en aucun cas ils ne soient supportés par les producteurs,

-          La politique commerciale dans une logique de développement économique durable par la fixation d’un « prix minimum garanti contractuel » au producteur ou travailleur permettant une juste rémunération pour subvenir décemment à leurs besoins et à ceux de leurs familles, et s’inscrivant dans un objectif de rentabilité économique de l’activité de production,

-          La fourniture permanente par tous moyens, y compris financiers, d’appui technique, d’aide à l’encadrement, de formation à l’agriculture biologique et durable et au cahier des charges BIO EQUITABLE, de  soutien à l’organisation, à la gestion et à l’activité de techniciens autochtones et ceci dans le respect des cultures et traditions locales,

-          Les engagements de garantie sur le respect des droits fondamentaux du travail et droits sociaux des travailleurs (repos, hygiène, sécurité, santé, liberté d’association, droit de négociation collective, élimination du travail forcé ou obligatoire, élimination de discrimination en matière d’emploi et de profession, abolition effective des pires formes du travail salarié ou illégal des enfants),

-          Le développement d’une agriculture durable qui répond aux besoins du petit producteur ou travailleur et de leur famille dans leur environnement naturel et qui ne compromet pas la capacité des générations futures à maintenir leur activité en milieu rural.

 

Ø  Processus de certification

-          L’association Bio Equitable et Ecocert analysent le  dossier de pré-enquête de l’entreprise candidate (sur les  matières premières et la transformation).

-          Si le dossier est recevable, Bio Equitable mandate Ecocert pour effectuer le contrôle sur la base du référentiel Bio Equitable.

-           Un rapport de contrôle est adressé à l’association  dans  les deux mois pour rédiger des demandes d’améliorations  éventuelles.

-           L’entreprise est ensuite contrôlée sur son activité BE  (gestion des flux, traçabilité, utilisation de la marque,…).  L’organisme de contrôle transmet à Bio Equitable un  rapport de contrôle.

Les dossiers sont analysés en « comité de gestion de marque ». Le comité décide de l’attribution de la marque, de son attribution sous conditions (actions correctives qui  seront contrôlées par Ecocert), ou de sa non-attribution  (possibilité d’une candidature ultérieure : la procédure est  alors reprise entièrement)

3-4 Les échanges commerciaux et les circuits de distribution

La principale destination mondiale des produits issus du commerce équitable est l’Europe. Atitre d’exemple, entre 75 et 80% de la production de café certifié équitable y est écoulée. Lesimportations mondiales de produits alimentaires du commerce équitable (café, cacao, banane,thé, miel, sucre, riz, jus de fruits) représentent plus de 58 000 tonnes, dont plus de 22 000 sontdestinées à l’Europe, constituées à 90% par le café et les bananes1.En Europe, le commerce équitable (CE) a représenté en 2003 un chiffre d’affaires de 373millions d’euros, soit environ 0,01% des échanges mondiaux.C’est le fruit de l’engagement de 3 000 organisations, qui œuvrent pour la promotion et ledéveloppement du commerce équitable dans 20 pays d’Europe.Les marchés les plus importants en volume sont aujourd’hui la Suisse (32%), le Royaume-Uni (26%) puis les Pays-Bas (9%).Le taux de notoriété du commerceéquitable s’accroît surtout depuis ces cinq dernières annéesgrâce aux efforts de promotion des organes de labellisation (membres de FLO : FairTradeLabelling Organisation). Il reste largement supérieur (>70%) dans le nord et le centre de l’Europe (Autriche et Suisse) que dansle sud (20% en Espagne et en Italie et moins encore en Grèce).Par ailleurs, nous pouvons remarquer que les enseignes les plus impliquées dans le CE enEurope ont développé leurs marques de distributeurs commerce équitable se basant sur leslabels existants, comme c’est le cas en France.Aujourd’hui, tous les hypermarchés et la très grande majorité des supermarchés françaisproposent au moins un produit issu du CE, le café. Nous pouvons aussi retrouver dans lesrayons des hypermarchés du thé, du riz, du chocolat, des épices, des jus de fruits, du sucre, desproduits cosmétiques à base de coton…

Mais depuis déjà plus de 25 ans, les magasins «Artisans du monde » par exemple, vendent ungrand nombre des produits alimentaires et non alimentaires, en particulier des produitsd’artisanat : des textiles, de la vannerie, des poteries, des bijoux, desjouets…Même si ces produits ne représentent qu’une quantité limitée en termes de volume de vente, ils prouvent que le commerce équitable peut prendre une dimension beaucoup plusimportante pour un plus grand nombre de produits et pour l’ensemble des circuits dedistribution.

 

Ø  Les producteurs

Les producteurs qui font partie du registre FLO (Fairtrade Labelling Organisation) sont situésdans les pays en développement, principalement en Amérique latine, en Asie et en Afrique.Selon la définition du FLO, les organisations de producteurs peuvent être des coopératives oudes associations, des ateliers familiaux ou des micro-entreprises, des entreprises commercialesà but social, des ONG.En 2004, 121 856 tonnes de produits furent échangés sous les conditions FLO. En 2004, cesont 433 organisations soit 1 million de producteurs qui travaillent sur 12 filières labellisées.

 En effet, beaucoup de producteurs sont encore en attente de pourvoir rentré dans le circuitéquitable. Chaque année, FLO ne peut satisfaire que 20% des demandes de certification.

 

Ø  Les importateurs

Les importateurs sont des structures commerciales ou des associations situées dans les pays duNord qui ont pour mission commerciale de revendre les produits à des détaillants ou à destransformateurs (torréfacteurs, chocolatiers…). Ils sont en général en relation directe avec uneorganisation intermédiaire dans le Sud qui suit les producteurs, assure des formations et unencadrement. En France, la Plate-Forme du Commerce Équitable (PFCE) regroupe quinzeimportateurs. Alter Eco, société anonyme créée en 1999, a pour objet l’importation et la distribution deproduits et services du Commerce Equitable. Cette société est membre de la PFCE et de l’IFAT(Fédération Internationale de commerce équitable). Aujourd’hui, Alter Eco est, en France, la première marque de produits équitablesproposée en grande distribution.

 

Ø  Les transformateurs

La transformation des produits équitables, lorsqu’elle est nécessaire, est, dans la mesure dupossible, réalisée dans le pays d’origine afin d’augmenter la valeur ajoutée locale. Cependant,pour de nombreux produits alimentaires transformés, intégrant plusieurs ingrédients, elle a lieudans les pays du Nord, c’est le cas par exemple de la torréfaction du café, de la transformationdu cacao en chocolat….

Les principaux torréfacteurs de café qui approvisionnent la grande distribution sont Lobodis,Malongo et Meo.Lobodis, transformateur « 100% équitable », travaille principalement avec les GMS (Grandes et Moyennes Surfaces) : Monoprix, Carrefour, Champion…, mais aussi avec des boutiques telles Artisans du Monde(ADM), ou en VPC, Vente Par Correspondance (Artisanat Sel). Lobodis distribue ses produits chez Carrefour, Monoprix, Champion, Leclerc…, réalisant ainsiplus de 75% du volume de ses affaires dans la grande distribution. La conquête de la grande distribution était indispensable, car le développement desproducteurs, des coopératives ne pouvait passer que par de l’achat-volume. Par exemple, en2002, Lobodis achetait 3 containers de café vert par an à la coopérative Villa Oriente enBolivie. Aujourd’hui, l’entreprise en achète 14-15 chaque année.

 

 

 

 

Ø  Les distributeurs

La France est le pays du monde qui compte le plus de mètres carré alloués à la grandedistribution. Les enseignes de la grande distribution française sont regroupées en cinq centralesd’achats communes.

La majorité des grands groupes de la distribution alimentaire, hormis les hard discounters,proposent des produits équitables. Monoprix a joué un rôle pionnier dans la promotion ducommerce équitable avec Alter Eco. Puis, Casino, Carrefour, Cora, Leclerc, Auchan… ontrejoint le mouvement.Des études des principaux distributeurs, nous retenons les points suivants :

• Casino

Le choix de la présence de produits équitables dans ses rayons s’est basé sur une stratégieconcurrentielle. Le commerce équitable fait partie d’un cerclevertueux, dans le sens où il s’inscrit dans une démarche de développement durable.

• Carrefour :

Dans les magasins Carrefour en France, nous pouvons retrouver 11 cafés (4 du fournisseur

Lobodis, 4 Meo, 2 Malongo, 1 café soluble Alter Eco) 1 miel France Miel et 3 thés, 1 thé

Malongo 2 thés Alter Eco, 3 jus de fruits Alter Eco (orange, pamplemousse, ananas), 1 rizblanc Thaï Alter Eco, 1 cacao soluble Alter Eco, 1 sucre en poudre Alter Eco. Tous cesproduits portent le label Max Havelaar. Et 2 tablettes de chocolat du fournisseur Cantalou sous le label Bio-Equitable.

 

• Cora :

Cora utilise une politique complète d’assortiment afin de donner le choix aux clients de faire le « bon geste pour les générations futures ». Comme les produits bios et « verts  » participent à la préservation de l’environnement. Il a souhaité ajouter le commerce équitable à l’éthique sociale déjà pratiquée sur ses produits à l’importation. Il entretient également une collaboration étroite avec Alter Eco qui a accéléré le référencementde ces produits. L’exemple du café en est une parfaite illustration puisque,depuis son entrée dans la grande distribution en 1998, les volumes annuels de vente en France sont passés de 60 tonnes à plus de 1 000 tonnes.

 

 

• Leclerc

Leclerc est devenu le premier distributeur de produits équitables en France.En 2004, son chiffre d’affaires sur ce segment était de 9,2 millions d’euros (+133% par rapportà 2003). Les prévisions pour 2005 sont de 15 millions d’euros. Les rayons des centres Leclerccomptent 180 produits équitables référencés en 2004 dont les épices, les produits d’hygiènebeauté en coton… mais aussi l’élargissement de gammes existantes telles que le café, lechocolat.

 

• Auchan:

Auchan assure le balisage permanent et efficace, de repérage de ses produits issus du commerce équitable, dans leur rayon respectif.

 

• Monoprix :

Cette enseigne a été pionnière sur le commerce équitable en offrant dès 1998 un café équitablesous sa marque propre. Sa part est aujourd’hui de 10% de chiffres d’affaires du rayon café.Actuellement, la gamme équitable comporte 30 produits. Elle s’intègre dans une gamme pluslarge de 400 références favorisant le développement durable.

 

• Système U :

Les magasins Système U sont plus discrets sur leur engagement mais on remarque toute fois lestêtes de gondoles de produits équitables dans certains magasins du groupe. Par ailleurs, lors dela quinzaine du commerce équitable, la promotion des produits équitables fut conséquente viades mises en avant dans les prospectus, des messages radio dans les magasins, des animationsen rayons.

 

Enfin, nous pouvons mentionner que toutes les entreprises AUCHAN, CARREFOUR,

CASINO, CORA, LECLERC, MONOPRIX, SYSTEME U sont engagées vis-à-vis desconditions de travail dans les filières d’approvisionnement des produits qu’ellescommercialisent, en tant que membres actifs de l’Initiative Clause Sociale.

L’Initiative Clause Sociale a été lancée à l’automne 1998. Celle-ci constitue l’engagement desentreprises du commerce et de la distribution dans une démarche pragmatique et progressive destinée à inciter leurs fournisseurs à respecter les principes universels des droits de l’hommeet la réglementation sociale locale dans les unités de production.

Les produits équitables sont également vendus à travers d’autres canaux de distribution telsque :

-La vente Par Correspondance (VPC), avec par exemple Artisanat Sel, Eole …

-La vente en ligne, avec des sites comme Cdiscount, Exquiro, Epicerie Equitable,

ebuyclub.com

-Les fleuristes indépendants qui distribuent des fleurs labellisées équitables

-Les boulangeries, les épiceries fines …

-La Restauration Hors Domicile (RHD) : cantines, restaurants, hôtels Mercure

 

 

 

Ø  Les consommateurs :

Depuis 1970 les grandes surfaces alimentaires ont multiplié leurs parts de marché par 5 etassurent 65,0 % des ventes de produits alimentaires.

Les lieux d’achats alimentaires sont le reflet de la structure dominante de la distribution : aucours des 15 derniers jours précédents l’enquête, 82,1 % des habitants de la région se sontrendus dans les grandes et moyennes surfaces, 43,6 % dans des commerces de détail et 38,1 %au marché.

 

 

3-5Les insuffisances du commerce équitable et approche de solution

La grande distribution, qui participe à l’essor du commerce équitable est souvent décriée.

En effet, elle peut représenter une menace pour le respect des principes fondateurs du commerce équitable.

 

Ø  La taxation des prix

Les marges arrière sont un objet de négociations commerciales, appliquées par le distributeur envers le fournisseur. En effet, le distributeur paye le fournisseur pour sa marchandise mais en complément il lui demande de participer financièrement à des coopérations commerciales. Ces coopérations commerciales ou marges arrière sont ardues et toujours renouvelées. Il s’agit d’une sorte de « taxation, constituée essentiellement de prestations fictives ou survalorisées » et passée de 10% il y a dix ans, à largement 50% du prix du produit, voire jusqu’à 60% dans des cas extrêmes début 2002.

Un rapport sénatorial a recensé plus de 500 formes de marges arrière parmi lesquelles nous pouvons citer :

- Exposition des produits en tête de gondoles,

- Compensations pour non-déréférencement,

- Îlots, avancées de caisses,

- Les stops, ces panneaux publicitaires de couleur jaune fluo placés dans les rayons,

- Espace en linéaire,

- Participation aux campagnes promotionnelles (catalogue…),

- Participation pour un événement particulier (ouverture d’un nouveau  magasin, agrandissement du parking…),

- Participation aux campagnes publicitaires…

Ces différentes prestations financières étouffent les fournisseurs qui n’ont d’autre choix que de s’y soumettre.

En effet, celle-ci avait pour but de rééquilibrer les relations entre les fournisseurs et lesdistributeurs en mettant en place un « seuil de revente à perte », c’est-à-dire le tarif à la sortied’usine en deçà duquel les distributeurs ne pouvaient pas descendre.

Les distributeurs ayant une marge avant limitée par ce seuil de revente à perte, se sont reportés vers la marge arrière. Ce qu’ils ne pouvaient pas gagner en payant des prix bas auxfournisseurs, ils le récupéraient en leur demandant différents financements pour les prestations commerciales.

Le développement des marges arrière a conduit à un engrenage inflationniste.

En effet,comme les négociations des marges arrière ont lieu chaque année, les fournisseurs (les plus importants) s’y préparaient et augmentaient donc leur prix de vente en prévision de l’augmentation des marges arrière qu’ils allaient subir. Le prix de vente final au consommateur était donc inévitablement plus élevé. Selon l’INSEE, les prix des grandes marques ont ainsi augmenté de 14% entre 2000 et 2004.

 

Ø  Les marques de distributeurs

 

L’un des principes du commerce équitable et de la consommation responsable est de rétablir le lien entre le producteur et le consommateur, afin que ce dernier connaisse l’origine, lesconditions de production, les critères qualitatifs de fabrication de son achat…

Or, depuis quelques années, par souci de réduction des coûts, les grandes surfaces développent leurs marques de distributeurs. Les marques de distributeurs ou gammes de produits «sans marque» coupent complètement le lien entre producteur et consommateur, qu’elles soient traditionnelles, «bio» ou «équitables». Le distributeur peut changer de fournisseur ou soustraitant sans que le consommateur remarque quoi que ce soit. Le fournisseur devient simple sous-traitant à façon et le distributeur omnipotent. Avec les marques de distributeurs, on ne sait plus d’où viennent les produits, on ne connaît pas le nom du producteur, la coopérative… Le lien entre producteur et consommateur est coupé.

 

Ø  Risque de récupération

Le risque de récupération est une autre menace qui pèse sur le commerce équitable. En effet, nous pouvons imaginer que pour faciliter la logistique, les centrales d’achat souhaiteraient travailler avec des grosses coopératives et laisser de côté les petits producteurs.

Ou encore, elles pourraient faire du commerce équitable avec des critères moins contraignants. Par exemple Colruyt, hard discounter belge, lance sa gamme de commerce équitable Collibri, qu’il a rebaptisé, suite à plusieurs critiques Collibri, du commerce durable. Cinq pour cent des ventes des produits de la marque Collibri iront financer des projets d’éducation et de formation dans les pays de l’hémisphère Sud. C’est un très beau projet, mais son objet n’est pas d’attribuer une rémunération juste et fixée aux producteurs.

Ces produits peuvent bénéficier de la confusion dans l’esprit des consommateurs qui croyantacheter des produits du commerce équitable, achètent des produits à vertu humanitaire.

 

Ø  La pression déjà subie par les producteurs du Nord

Les relations des paysans et de la grande distribution sont très conflictuelles. Le paysan n’a aucun pouvoir de décision, il est bloqué. La grande distribution est clairement acteur de ce circuit de la consommation suicidaire. Par exemple vous livrez 3 vaches à Leclerc, vous lui facturez 2 vaches et vous lui faites cadeau d’une sinon vous êtes déréférencés et vous n’avez plus le droit de vendre vos animaux chez Leclerc.

 

 

 

 

 

Ø  Les effets externes du développement de la grande distribution

                                                    

 

·         Effet sur l’emploi

Les fournisseurs, les petites et moyennes entreprises subissent une pression de la grande distribution (marges arrière, risque de déréférencement, prix bas…). Cette pression se répercute sur leur santé financière. Les emplois proposés par ces PME sont plus précaires et les salaires moins élevés. Les budgets de recherche et développement sont amoindris.

Enfin, il est estimé qu’un emploi créé en grande distribution équivaut à la disparition de cinq emplois dans le secteur traditionnel

 

·         Effet sur l’entreprise

La grande distribution regroupée en cinq centrales d’achat exacerbe les tendances à laconcentration des commerces. Les grands groupes ont une meilleure solidité pour faire face à la grande distribution. Grâce à leurs économies d’échelle et au rééquilibrage possible entre leurs différentes marques, ils sont plus résistants face aux exigences de la grande distribution.De plus, nous pouvons aussi mentionner la disparition massive du commerce de proximité, de détail dans les centres ville

·         Effet sur l’environnement

En France, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME)estime quefaire ses achats dans un hypermarché de périphérie engendre quatre fois plus de pollution et de nuisances qu’acheter les mêmes provisions à 500 mètres de chez soi. Ce rapport se justifie par les déplacements automobiles (jusqu’à 50 km en milieu rural), le stockage de grandes quantités en réfrigérateurs, congélateurs (plus les camions frigorifiques et présentoirs réfrigérés), les suremballages, la production en serres chauffées d’articles hors saison, le transport de longue distance ou le fret aérien pour les productions de contre-saison, etc. Ce mode de consommation est donc très « énergivore »Ainsi, face aux menaces que la grande distribution fait peser sur le commerce équitable,on peut en venir à la conclusion que les produits équitables n’y ont pas leur place. C’est unsystème dont les pratiques commerciales ne correspondent pas exactement aux principes duCE. Cependant, il faut rester très vigilant car la grande distribution a un poids très important et représente des menaces qu’il faut surveiller. C’est pourquoi face à ces menaces, il existe des approches de solution que nous pouvons encourager.

 

Approches de solutions

Afin de se prémunir des menaces que peut représenter la grande distribution pour l’intégrité des fondements du commerce équitable, des contrepoids existent.

 

 

 

Ø  La diversité des circuits de distribution

 

·         Biocoop

Les Biocoop représentent un réseau de 250 magasins indépendants en France. Ce système dedistribution se situe entre l’épicerie (de par sa proximité) et la grande surface (de par ladiversité de produits présentés). Les magasins sont de taille assez réduite, de 40 à 600 mètrescarré. Les Biocoop offre une gamme de 8000 références sont 350 certifiées commerceéquitable. Aucun des produits ne portent la marque Biocoop, afin de mettre en valeur le produit, son origine et le nom du producteur. Les fournisseurs des Biocoop sont des petites structures ou des coopératives de 30 producteurs.

·         Association pour le Maintien de l’Agriculture paysanne (AMAP)

Le système des AMAP met en relation directe les consommateurs et les producteurs, pour la plupart qualifiés en agriculture biologique. Dans une AMAP, on partage les risques et les bénéfices. L’AMAP repose sur un engagement associatif.

 

Ø  Le développement d’une certification européenne

Bio Equitable est également un logo commercial garantissant le respect des principes du CEdans les relations commerciales. Il est reconnu par la DGCCRF, Direction Générale de laConcurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes, puisqu’il est attribué parEcocert, organisme accrédité par l’Etat.

           

Ø  Le renforcement des organisations de producteurs

 

Dans l’attente de la certification officielle, il est primordial d’améliorer le rôle des producteurs. Ces derniers doivent participer au développement du commerce équitable, ils en sont les principaux acteurs. Il faudrait décentraliser les lieux d’échange dans le Sud afin que les producteurs participent plus au processus commercial et au processus de certification. Cette étape pourrait se concrétiser par l’émergence de porte-paroles de producteurs.

Afin de limiter leur dépendance envers le Nord, l’accès à l’information doit leur être facilité. La production de valeur ajoutée (torréfaction, transformation, conditionnement…) dans le Sud doit être encouragée tout comme le commerce équitable Sud-Sud.

Pour que l’intégrité et le respect des règles du commerce équitable soient préservés desmenaces citées précédemment, il est essentiel que les producteurs aient du poids dans lesnégociations et participent de façon équitable à l’essor du CE.

           

Ø  Le lobbying des ONG et des associations de consommateurs

Le pouvoir des Associations est une autre approche de solution face aux menaces qui pèsent sur le commerce équitable. D’une part, les ONG font un réel travail de sensibilisation du public à la cause du commerce équitable. C’est le cas de l’ONG Oxfam avec sa campagne « Pour un commerce équitable : Rejoignez le grand vacarme». Différentes célébrités se sont engagées pour soutenir le commerce équitable. D’autre part, les associations de consommateurs peuvent prôner la transparence.

 

Ø  La responsabilité du consommateur

Le consommateur a un poids pour faire changer les pratiques des entreprises qu’ils ne considèrent pas morales. Il est aussi de sa responsabilité de se méfier du marketing à outrance et d’être vigilant sur l’ensemble de la filière de production des biens qu’il achète. La consommation et au-delà le choix du lieu d’achat, implique une réflexion générale sur le mode de vie et les valeurs de chacun.

 

4-  Analyses et suggestions

Notre analyse prendra en compte le Bénin face au commerce équitable. Dans un premier temps, nous analyserons la possibilité de commercialiser les produits béninois sur le marché équitable puis la possibilité qu’a chaque béninois d’acheter des produits sur le marché équitable.

En ce qui concerne la possibilité de commercialiser les produits béninois sur le marché équitable, considérons d’abord les principes du commerce équitable et les critères d’attribution de la marque bio équitable. De toutes cultures produites au Bénin, le coton est la première culture d’exportation pouvant être vendue sur le marché équitable. Le coton conventionnel est celui produit à grande échelle par rapport au coton biologique essentiellement produit par l’OBEPAB (Organisation Béninoise pour la  Promotion de l’Agriculture Biologique).

En considérant le coton conventionnel, les producteurs constituent le maillon le plus lésé de la filière. En effet ces derniers ne rentrent pas dans les fonds qui leur sont dus. Cela est en porte-à-faux à l’un des principes du commerce équitable.  De plus la production du coton conventionnel n’est pas une activité   respectueuse de l’environnement. En termes de qualité, le coton béninois regorge d’impureté empêchant ainsi sa commercialisation sur le marché équitable. Enfin signalons de plus de normes, la production du coton béninois ne peut actuellement pas bénéficier de certification de commercialiser sur le marché équitable en raison du non respect des itinéraires techniques et des encadrements conséquents

 

                        En ce qui concerne le coton biologique, elle ne connait pas encore un essor significatif au Bénin. Les producteurs n’ont pas le capital nécessaire pour se lancer dans cette production biologique qui nécessite un énorme investissement. Aussi faut-il signaler que ces derniers n’ont pas été formés pour cultiver le coton biologique. Le coton biologique produit par l’OBEPAB est vendu de manière à favoriser tous les maillons de la chaîne de production. Mais actuellement  l’OBEPAB ne vent pas le coton biologique sur le marché équitable. La production de ce coton au Benin n’est pas assez importante  pour être vendu sur le marché équitable. Or pour bénéficier des avantages du commerce équitable, il faut produire en quantité et en qualité pour satisfaire la consommation de masse.

Par rapport à la possibilité qu’a chaque béninois d’acheter des produits sur le marché équitable, nous pouvons dire que compte tenu de son pouvoir d’achat, ce dernier ne peut pas acheter les produits biologiques sur le marché équitable. En effet les produits biologiques coûtent trois à quatre fois plus chères que les produits conventionnels. De plus le consommateur béninois ne peut pas acheter les produits commercialisés sur le marché équitable en raison de sa cherté.  

Comme suggestion il serait souhaitable que les pays du Sud produisent suivant les normes du commerce équitable des produits tant en quantité qu’en qualité pour satisfaire la consommation de masse. En effet  dans le rapport rendu par Monsieur Antoine Herth, député du Bas-Rhin, à Monsieur Raffarin, alors Premier Ministre, le député mentionnait: « Afin que le commerce équitable ait un réel impact dans les pays du Sud, cette forme de commerce doit prendre de l’ampleur dans la consommation de masse; la vente de ces produits dans les grandes et moyennes surfaces contribue à cet objectif.»

Nous suggérons aussi une sensibilisation des entreprises agricoles et les sociétés de commercialisation des produits agricoles sur l’importance du commerce équitable et son fonctionnement et l’accès au marché équitable.

Il est nécessaire de mettre en pratique une nouvelle conception du commerce équitable, qui prenne pour point de départ les exigences du développement des producteurs, et non principalement les opportunités commerciales de créer des marchés dans lesquels ces derniers restent cantonnés à leurs rôles de fournisseurs de matière première, même mieux rémunérés. Il serait très avantageux pour les producteurs béninois que le gouvernement organise les différentes filières de production et qu’ils les aident à aller sur le marché équitable ce qui leur permettra de bénéficier réellement du fruit de leur effort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conclusion

Le Commerce Equitable consiste à travailler en priorité avec des groupes de petits producteurs défavorisés dans les pays du Sud, de construire avec eux des relations commerciales justes et solidaires. Cet accompagnement a deux objectifs principaux : garantir des conditions de travail et de rémunération décentes pour les travailleurs et favoriser le développement des centres de production de manière autonome et durable. Quant aux consommateurs, le Commerce Equitable leur donne l’opportunité d’effectuer un achat qualitatif, fondé et responsable et de choisir une consommation en phase avec leurs valeurs.

 

 

 

 

AGRICULTURE ET ENVIRONNEMENT

Créé par le 16 mar 2011 | Dans : Non classé

 

Introduction

Depuis plusieurs millénaires, les activités humaines, et en particulier l’agriculture, ont conduit à la transformation progressive d’une grande partie de la surface terrestre. L’exploitation de la biodiversité a permis aux systèmes agricoles d’évoluer  dans plusieurs régions du monde. Toutefois, cette biodiversité est en train de disparaître à un rythme alarmant, mettant en péril la durabilité des services fournis par les écosystèmes et l’agriculture, et leur capacité à s’adapter à des conditions changeantes. Face à cette situation, La conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique sont essentielles pour l’avenir de l’agriculture et de l’humanité. Dans le même temps, l’agriculture biologique apparaît aujourd’hui comme un système prônant la protection de l’environnement. Quel pourrait donc être son impact sur la conservation de la biodiversité. L’agriculture biologique conserve-t-elle mieux la biodiversité que l’agriculture conventionnelle.

 

 

 

I.                   Généralités  sur les types d’agriculture et la biodiversité

 

1.1.         Agriculture biologique

L’agriculture biologique est un système de production agricole spécifique qui exclut l’usage d’engrais et de pesticides de synthèse, et d’organismes génétiquement modifié. Il s’agit d’un système de production agricole basé sur le respect du vivant et des cycles naturels[], qui gère de façon globale la production en favorisant l’agroécosystème mais aussi la biodiversité, les activités biologiques des sols et les cycles biologiques. Les agriculteurs qui pratiquent ce type d’agriculture misent, par exemple, sur la rotation des cultures, l’engrais vert, le compostage, la lutte biologique, l’utilisation de produits naturels comme le purin d’ortie, et le sarclage mécanique pour maintenir la productivité des sols et le contrôle des maladies et des parasites.

L’agriculture biologique est basée sur quatre principes fondamentaux que sont :

Ø  Principe de santé

L’agriculture biologique devrait soutenir et améliorer la santé des sols, des plantes, des animaux, des hommes et de la planète comme étant une et indivisible. Ce principe souligne que la santé des individus et des communautés ne peut être séparée de la santé des écosystèmes. Un sol sain produit une culture saine qui donnera la santé aux animaux et aux personnes.

Ø  Principe d’écologie

L’agriculture biologique devrait être basée sur les cycles et les systèmes écologiques vivants, s’accorder avec eux, les imiter et les aider à se maintenir. Ce principe enracine l’agriculture biologique  dans les systèmes écologiques vivants. Il fait état que la production doit être basée sur des processus écologiques et de recyclage.

Ø  Principe d’équité

L’agriculture biologique devrait se construire sur des relations qui assurent l’équité par rapport à l’environnement commun et aux opportunités de la vie. L’agriculture bio devrait fournir une bonne qualité de vie à chaque personne engagée et contribuer à la souveraineté et à la réduction de la pauvreté.

Ø  Principe de précaution

L’agriculture biologique  devrait être conduite de manière prudente et responsable afin de protéger la santé et le bien être des générations actuelles et futures ainsi que de l’environnement. Les acteurs de l’agriculture bio peuvent améliorer l’efficacité et augmenter la productivité, mais ceci ne devrait pas se faire au risque de mettre en danger la santé et le bien-être. Ce principe établit que la précaution et la responsabilité sont les points clés des choix de gestion, de développement et de technologie en agriculture bio.

1.2.         Agriculture conventionnelle

1.2.1.      Définition

L’agriculture conventionnelle est un système de production agricole caractérisé par l’usage important d’intrants, et cherchant à maximiser la production par rapport aux facteurs de production, qu’il s’agisse de la main d’œuvre, du sol ou des autres moyens de production (matériel, intrants divers) . Elle est parfois appelée, péjorativement, agriculture productiviste.

1.2.2.      Caractéristiques

Elle intègre en permanence les progrès techniques permis par l’avancée des connaissances agronomiques et scientifiques. Elle se caractérise par une réduction de la durée de la jachère, l’usage optimum d’engrais chimiques, de traitements herbicides, de fongicides, d’insecticides, de régulateurs de croissance, de pesticides et d’OGM (organisme génétiquement modifié).

1.2.3.      Avantages

L’agriculture moderne a indéniablement permis d’augmenter la production agricole, tout en améliorant globalement la sûreté alimentaire. Elle permet aussi une diminution de la main d’œuvre, de l’énergie physique et du temps de travail, une grande productivité et rentabilité, une limitation de la déforestation. Elle permet également l’acquisition de produits alimentaires à peu de frais car le coût de la production est également réduit.

 

1.2.4.      Inconvénients

Les méthodes de l’agriculture moderne ont des conséquences négatives sur l’environnement parmi lesquelles on a :

·         la pollution des eaux de l’air et des sols par les pesticides (produits phytosanitaires)

·         pollution, régression et dégradation des sols, notamment par les métaux (cadmium issu des engrais phosphatés, plomb, cuivre et autres métaux issus d’anciens pesticides)

·         érosion de la biodiversité ayant conduit localement à l’extinction de nombreuses espèces animales (dont des papillons, abeilles, guêpes, coléoptères, reptiles, amphibiens)

·         érosion des sols, source de turbidité des cours d’eau, des estuaires et zones marines (via les sédiments en suspension et/ou les blooms algaux)]

·         problèmes de santé environnementale liés aux pesticides notamment

Enfin, l’agriculture produit également des déchets, et ce d’autant plus que le mode de production est intensif et peu diversifié (matières plastiques,…). Elle est une source importante d’ammoniac et de méthane (gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le CO2).

1.3.         La biodiversité

La Convention sur la biodiversité écologique du 5 juin 1992 a défini le terme de biodiversité comme étant « la variabilité des organismes vivants de toute origine y compris, entre autres, les écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et les complexes écologiques dont ils font partie; cela comprend : la diversité écologique (ou diversité des écosystèmes), la diversité spécifique (diversité des espèces ou interspécifique), la diversité génétique (ou intraspécifique). La biodiversité concerne donc tout le vivant et la dynamique des interactions au sein du vivant, qu’il soit naturel (biodiversité sauvage) ou bien géré par l’homme (biodiversité domestique).

La biodiversité fournit à la fois la base de l’agriculture, la variation spécifique et génétique des cultures et du bétail et, à travers son rôle dans les fonctions et services de l’écosystème, la fondation de la production.

La biodiversité agricole est un terme qui englobe toutes les composantes de la biodiversité aux nivea

ux génétiques, des espèces et des écosystèmes qui sont pertinentes à l’alimentation et l’agriculture et qui soutiennent les écosystèmes dans lesquels l’agriculture se déroule (agro-écosystèmes). Celle-ci comprend les espèces de cultures et de bétail, les variétés et les races au sein de celles-ci, et elle inclut également les composantes qui soutiennent la production agricole. Les composantes, au niveau des espèces, qui soutiennent les services écosystémiques comprennent la pédofaune dont  les vers de terre et les microorganismes qui contribuent à la disponibilité et au cycle des nutriments des plantes à travers la décomposition de matières organiques.

 

II.                 Agriculture biologique et conservation de la biodiversité

 

2.1.         Effets de la lutte biologique sur la conservation de la biodiversité

Les exemples de succès en lutte biologique sont évidemment nombreux et certains ont même été retentissants tant dans la lutte contre des insectes ravageurs (cochenille australienne des agrumes en Californie, cochenille du manioc en Afrique) que contre des adventices (figue de Barbarie Opuntia spp. En Australie). Pourtant, bien que cette lutte biologique soit généralement perçue par la profession agricole et le public averti comme étant une méthode respectueuse de l’environnement, surtout lorsqu’elle est comparée à la lutte chimique, et bien qu’elle soit présentée comme telle par certains scientifiques (McEvoy, 1996; Jervis, 1997), elle n’est pas dénuée de risques surtout s’il s’agit de la lutte biologique par importation, dite aussi lutte biologique classique. Les risques qu’elle véhicule sont, comme pour la lutte chimique, les effets non intentionnels sur des organismes non cibles, à l’importante différence près qu’avec cette lutte biologique, qui introduit presque toujours des nouveaux organismes de façon permanente, les effets non intentionnels, lorsqu’ils existent, sont irréversibles (Howarth, 2000) et parfois suivis de modifications profondes des écosystèmes (Vitousek et al., 1997).

 

2.1.1.      Effets de la lutte biologique contre les ravageurs des cultures sur la biodiversité

Le principal groupe concerné, en tant qu’agent importé et introduit pour la lutte biologique classique dans les agro-écosystèmes, est celui des arthropodes mais d’autres groupes le sont également à un degré moindre. Ainsi, les champignons entomopathogènes sont réputés être inoffensifs pour les espèces non cibles, donc non insectes, et sont largement utilisés dans des programmes de lutte biologique par inondation. Néanmoins, il est rapporté dans la littérature  scientifique que Beauveria bassiana cause des lésions pulmonaires et systémiques chez les reptiles (Austwick, 1980, in Howarth, 2000) et des déformations squelettiques chez certains poissons (Genthner & Middaugh, 1992).

Le cas des coccinelles est particulièrement bien documenté. Perkins (1897, in Howarth 2000) attirait le premier l’attention sur le fait que l’introduction en Amérique du Nord de ces auxiliaires zoophages européens n’était probablement pas dénuée de risques pour les coccinelles natives. Ce n’est qu’à la fin du XXe siècle que deux entomologistes travaillant indépendamment l’un de l’autre ont pu démontrer, l’un au Canada (Marshall, 1995, in Howarth, 2000), l’autre aux USA (Wheeler & Hoebeke, 1995, in Howarth, 2000), que le déclin spectaculaire dans toute son aire d’origine de la coccinelle à 9 points Coccinella novemnotata était dû à l’expansion de la coccinelle à 7 points, allochtone, C. septempunctata.

Un autre cas plus récent est celui de la coccinelle multicolore chinoise Harmonia axyridis, qui est rapportée par de nombreuses publications comme étant responsable, en Europe et en Amérique du Nord où elle continue sa progression, de la raréfaction d’espèces plus petites de coccinelles natives. Ces dernières pâtissent soit d’une compétition accrue pour leurs ressources (pucerons) et ces coccinelles recourent alors à un certain degré de cannibalisme à l’encontre de leurs œufs (Cottrell, 2005), soit de prédation intraguilde (Kajita et al., 2000; Michaud, 2002; Snyder et al., 2004), dont peuvent souffrir également des auxiliaires aphidiphages  et d’autres groupes comme des cécidomyies et des chrysopes (Gardiner & Landis, 2007).

Enfin, certains effets de l’introduction d’agents de lutte biologique par importation peuvent être indirects. Ainsi, le papillon diurne Maculina arion s’est éteint en Grande-Bretagne où il était endémique et déjà menacé, en grande partie à cause des effets trophiques indirects induits par l’importation du virus de la myxomatose : les lapins ayant été presque décimés, une graminée dont ils se nourrissaient est devenue dominante et a presque éliminé une autre graminée dont une fourmi (Myrmica sabulati) avait besoin pour établir sa colonie, et cette fourmi ayant donc quasiment disparu, le papillon qui dépendait d’une relation symbiotique au stade larvaire avec cette dernière, a disparu à son tour (Putman & Moore, 1998).

 

L’utilisation de pesticides dérivés de plantes est une méthode de lutte très ancienne. Malheureusement, ce savoir s’est perdu rapidement, en particulier là où les pesticides chimiques ont été introduits. L’utilisation de pesticides naturels est peu couteuse et ne rend pas les agriculteurs dépendant des intrants d’origine extérieure. Toutefois, certains pesticides naturels peuvent aussi être toxiques pour l’homme et les animaux. Il faut donc prendre de grandes précautions en appliquant des matières toxiques comme la nicotine du tabac. De nombreuses plantes ont des capacités défensives ou mortelles contre les vertébrés, les insectes, les mites, les nématodes, les champignons ou les bactéries. Les effets mortels ou défensifs ne sont généralement pas le résultat d’un seul composé mais d’un mélange de matières actives, de sorte que les chances de voir l’organisme ravageur acquérir une résistance sont faibles (Stoll 1986, Projet Consult, 1986).

 

2.1.2.      Effets de la lutte biologique contre les adventices sur la biodiversité

La lutte biologique contre les mauvaises herbes apparaît comme une méthode naturelle et élégante de gérer les populations de mauvaises herbes. L’utilisation d’agents biologiques a été marquée par de nombreux succès dans la lutte contre les plantes envahissantes comme dans le cas du contrôle des espèces du genre Opuntia (Charudattan, 1982) ou dans le cas d’espèces aquatiques comme les fougères du genre Azolla (Heard, Hawes et al., 2003). Pour les mauvaises herbes des cultures, la lutte biologique est parfois perçue comme une solution de gestion idéale en particulier pour les systèmes en agriculture biologique.

Différentes méthodes (agents biologiques, bioherbicides, herbivores…) ont été testées, mais un certain nombre de difficultés compliquent la mise en place de telles pratiques (Watson, 1992). Si en système intensif, l’utilisation de fongicides et d’insecticides peut considérablement gêner l’efficacité des organismes chargés de lutter contre les mauvaises herbes, d’autres problèmes pratiques apparaissent en dehors de celui du risque de l’introduction d’un organisme biologique allochtone pour lutter contre une espèce native. Les mauvaises herbes de nos systèmes de culture ne sont pas strictement inféodées aux parcelles cultivées et les populations des bordures ne doivent en théorie en aucun cas être touchées par l’agent biologique. La proximité botanique entre certains adventices et certaines plantes cultivées obligent à une spécificité extrême de l’agent biologique (Watson, 1992). De plus, les espèces complètement inféodées à l’agro-écosystème et qui pourraient donc en théorie faire l’objet de lutte biologique, ne sont que rarement des espèces à fort potentiel de nuisibilité et font plutôt l’objet de sauvegarde. Si la striga (Striga hermonthica), mauvaise herbe parasite en Afrique, a été en grande partie contrôlé grâce à l’utilisation d’une rouille (Ciotola, 1995), les résultats obtenus par ailleurs sont plutôt mitigés (Watson, 1992). Mais des travaux actuellement en cours montrent que le potentiel de lutte biologique contre des adventices majeures telles que Amaranthus retroflexus ou Senecio vulgaris en système de grandes cultures est réel. La nécessité de la mise au point de nouvelles techniques et l’intégration de ces pratiques innovantes grâce à une meilleure connaissance de la biologie des mauvaises herbes constituent des enjeux importants dans le cadre de la gestion intégrée des populations adventices. L’utilisation de différents types d’animaux herbivores reste limitée à des situations précises (Popay, 1996; Ghosheh, 2005). Cependant, la lutte biologique apparaît surtout appropriée dans le cas des prairies et des pâturages avec une espèce dominante comme mauvaise herbe, comme dans les cas de Centaurea solstitialis, Euphorbia esula ou Chondrilla juncea (Quimby, 1991; Shiskoff, 1993) ou dans le cas d’espèces envahissantes telle que l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) (Reznik, 1991).

 

2.2.         Effets de la fertilisation sur la conservation de la biodiversité

Plusieurs éléments des itinéraires techniques mis en œuvre par les agriculteurs en même temps que la fertilisation influent directement sur la biodiversité, et ce indépendamment des pratiques de fertilisation : les traitements phytosanitaires, le travail du sol, etc. Néanmoins, l’accroissement des apports de fertilisants se traduit principalement à deux niveaux :

-          i) sur la biodiversité des organismes du sol, directement concernés par l’évolution physico-chimique de l’environnement sol,

-           ii) sur la biodiversité des organismes liés au statut nutritionnel des plantes, avec une modification des chaînes trophiques.

A côté de ces impacts à l’échelle de la parcelle agricole, des impacts peuvent être constatés dans les écosystèmes aquatiques (rivières et milieux marins) en raison du lessivage des minéraux et de l’eutrophisation qui en découle (N et P en particulier), et dans l’ensemble des écosystèmes terrestres et aquatiques en raison de la volatilisation (N en particulier) qui accroît les dépôts atmosphériques de minéraux.

L’accroissement du niveau de disponibilité des ressources qui résulte de la fertilisation se traduit par des effets généralement positifs sur l’abondance et la croissance des organismes vivants dans le sol et dans la végétation des parcelles cultivées, à condition de ne pas atteindre des seuils de toxicité. Les effets sur la richesse spécifique et la diversité sont par contre plus contrastés.

 

2.2.1.      La faune du sol

Ø  Faune du sol en général

Composts, fumiers, substances humiques sont des sources de carbone organique pour les organismes du sol, ainsi qu’une source de carbone indirecte à travers la production végétale accrue et les retours supplémentaires au sol (résidus de culture). De ce fait, ces apports organiques sont favorables à l’augmentation de la densité des organismes du sol appartenant aux différents groupes : protozoaires, nématodes microbivores, micro-arthropodes, enchytréides, vers de terre, diplopodes, chilopodes. La richesse spécifique au sein des assemblages de faune du sol peut être augmentée ; la diversité spécifique est le plus souvent modifiée et des changements d’espèces découlent souvent d’une application régulière d’engrais organiques (Wolters & Ekschmitt, 1997).

L’effet du fertilisant organique dépend de sa nature ; le lisier peut être défavorable aux vers de terre comme aux enchytréides lorsqu’il est appliqué en forte dose en raison des éléments toxiques qu’il contient (ammonium, acide benzoïque…) ou des diminutions de pH que son apport peut entraîner.

La présence d’une couverture végétale vive ou morte est favorable aux organismes du sol dans la mesure où cela constitue une ressource organique supplémentaire et contribue au maintien de conditions microclimatiques favorables (Roper & Gupta, 1995).

Lorsque les pailles de céréales sont laissées sur le sol, la richesse spécifique et l’abondance des fourmis sont augmentées, principalement du fait de l’amélioration des conditions microclimatiques en surface du sol. L’effet positif de la restitution des pailles sur les abondances de vers de terre n’est pas immédiat : dans l’étude de Fraser et Piercy (1998), il est apparu 3 ans après la mise en place de la pratique.

Les engrais vert et la restitution des pailles de céréales ont également des effets positifs sur l’abondance de la microfaune, protozoaires et nématodes, et de la mésofaune mais pas nécessairement sur la richesse spécifique (Kautz et al., 2006).

 

Ø  Macrofaune du sol

La fertilisation organique a un effet positif sur les abondances de vers de terre et également sur leur richesse spécifique, en favorisant en particulier les endogènes. L’effet positif de l’apport de fumier ne s’exprime pas toujours ; dans certains sols compactés, l’apport de fumier ne permet pas le développement des populations de vers de terre (Hansen, 1995).

Pour réduire les pertes d’azote par volatilisation lors de l’apport de fumier ou lisier, celui-ci peut être injecté dans le sol. Cette pratique réduit le nombre de vers de terre épigés. Les anéciques et les endogènes ne sont pas affectés ou sont plutôt augmentés ; aucun effet sur les densités d’enchytréides n’a été mesuré. L’apport de fumier conduit à une plus forte biomasse et densité de vers de terre que la fertilisation minérale sans toutefois induire de modification de la diversité spécifique. Quel que soit le type de fertilisant, 5 années de culture continue de maïs ont induit une diminution de la biomasse de vers de terre (Whalen et al, 1998). L’utilisation d’un compost avec préparation bio-dynamique n’a pas montré de différence avec le compost du même matériau préparé classiquement, en termes de densités et biomasses de Lumbricus terrestris.

 

Ø  Mésofaune du sol

La fertilisation n’a que peu d’effet sur la richesse spécifique et l’abondance des acariens prédateurs que sont les Gamasines alors que les Astigmates et Orbatides augmentent avec l’apport de fumier (Crossley, 1992). La réponse des Oribates dépend des situations (Neher & Barbercheck, 1999; Behen-Pelletier, 2003).

 

Ø  Microfaune du sol

La fertilisation induit une augmentation de l’abondance de la plupart des protozoaires et plus particulièrement des ciliés et des amibes ; les effets de la fertilisation organique sont plus importants que ceux de la fertilisation minérale (Bamforth, 1997).

L’apport d’engrais azotés conduit à la diminution des nématodes fongivores, omnivores et prédateurs, et à l’augmentation des populations de nématodes phytophages et bactérivores en culture continue et en prairie permanente.

2.2.2.      Les microorganismes du sol

D’une manière générale, les amendements organiques affectent positivement la diversité microbienne. Deux facteurs sont directement impliqués dans les modifications observées :

ü D’une part les matières organiques apportées constituent des sources nutritives importantes et variées ; elles peuvent de ce fait stimuler le développement de microorganismes et en premier lieu les champignons qui sont des décomposeurs pionniers (Deacon et al., 2006; Setala & McLean, 2004). Selon la nature de la matière organique (engrais vert enfoui ; fumier de bovin, de poulet ou de porc, composté ou non ; déchets d’origine végétale compostés, résidus de culture, paille…) ce sont des groupes fongiques différents qui sont naturellement sélectionnés et décomposent les molécules complexes en molécules plus simples que d’autres populations vont alors dégrader, assurant une succession de communautés dont la structure (la composition et les rapports d’abondance entre ces populations) est différente tout au long de cette dégradation. La libération de molécules plus simples et assimilables par les bactéries va ainsi stimuler le développement de populations bactériennes dont, là encore, les plus adaptées à l’utilisation des ressources trophiques fournies, vont dominer (Chu et al. 2007).

ü  D’autre part, les matières organiques apportées au sol ne sont pas indemnes de microorganismes. Les amendements constituent de ce fait un inoculum complexe qui va devoir s’installer au sein de l’inoculum naturellement présent dans les sols et donc enrichir le pool génétique du sol.

De manière plus ou moins empirique à l’origine, certains auteurs ont pu, grâce à l’apport de matières ou de substrats organiques variés stimuler le développement de microorganismes auxiliaires et contrôler biologiquement le développement de microorganismes phytopathogènes. D’une manière générale, ces amendements organiques ont un rôle positif sur le fonctionnement du sol, néanmoins la diversité peut être modifiée de manière négative par introduction de microorganismes délétères (agents phytopathogènes, agents pathogènes d’animaux et d’humains, notamment par le biais des fumiers).

 

2.3.         Effets des pratiques culturales sur la conservation de la biodiversité

 

2.3.1.      Rotations culturales

S’il est couramment suggéré que les rotations culturales induisent de plus fortes densités et diversités d’organismes du sol que les cultures continues, les expériences le démontrent rarement ; l’effet contraire est plutôt obtenu. Toutefois, les rotations, en perturbant le cycle de développement de ravageurs, de pathogènes et des adventices spécifiques à certaines cultures, sont plus favorables au contrôle de ces bioagresseurs de cultures particulières ; elles peuvent ainsi permettre une utilisation plus réduite des pesticides.

 

Ø  Insectes ravageurs et auxiliaires

Les  situations agricoles de polycultures  offrent  des agro-écosystèmes riches en diversité d’insectes et d’arthropodes par rapport aux situations de monocultures, et plus stables que ces dernières sur un plan entomologique et phytosanitaire. La simplification des rotations   est de plus considérée comme étant l’un des facteurs responsables du sévère déclin de la biodiversité en Europe (Ewald & Aebischer, 2000). La rotation des cultures, indépendamment de l’introduction de jachères, peut avoir des effets dépressifs marqués sur la dynamique de certains insectes ravageurs et au contraire des effets bénéfiques sur certains auxiliaires.

Comme souligné par Hummel et al. (2002), les effets de certains types de rotations sur la structure des communautés d’invertébrés, et notamment sur l’augmentation de leur diversité spécifique, ne sont réellement perceptibles qu’à moyen et long termes, c’est-à-dire au-delà de 5 ans environ.

 

Ø  Faune du sol

Les monocultures continues exercent un très fort stress sur les macro-organismes du sol, mais les rotations culturales diminuent la diversité spécifique de façon encore plus importante. Les rotations peuvent induire une très faible diversité de la macrofaune (diplopodes, chilopodes, myriapodes). Dans les cultures pérennes, par contre, après quelques années de restauration, la macrofaune se diversifie de façon importante (Wolters & Ekschmitt, 1997). De même, les abondances de vers de terre sont plus élevées sous cultures continues de céréales que sous des rotations ; elles sont cependant plus faibles que sous cultures pérennes (herbacées ou arborées) et sous prairies (Makeschin, 1997).

Les populations d’acariens et de collemboles sont plus abondantes dans les cultures continues (tomates) que dans les rotations (4 cultures).

 

Ø  Les microorganismes

L’introduction dans la rotation de plantes non-hôtes permet d’interrompre le cycle de développement des pathogènes spécifiques de certaines cultures de la rotation. La plante, au cours de sa croissance développe un système racinaire dans le sol modifiant ainsi la structure du sol et secrétant des  exsudats racinaires. En termes de composition, ces rhizodépôts organiques varient selon les espèces, voire les génotypes au sein d’une même espèce végétale, et le stade de développement de la plante et ils stimulent le développement de populations microbiennes.

Ainsi, la mise en culture d’une terre non cultivée a pour conséquence une perte de la diversité des différentes communautés microbiennes d’origine tellurique (bactéries, champignons, champignons mycorhizogènes ; van Elsas et al., 2002). Néanmoins, cette érosion de la diversité est moins importante dans un système de rotation qu’en monoculture. La composition de la rotation peut également avoir une incidence sur la préservation de la diversité bactérienne (Larkin, 2003; Larkin & Honeycutt, 2006). La diversité bactérienne dans la rhizosphère du blé après une culture de légumineuses est plus importante que celle mesurée après un précédent blé ou un sol nu. D’une manière générale, il semblerait que l’introduction de légumineuses dans les rotations ait un effet positif sur la diversité microbienne se traduisant en outre par une réduction de la gravité des maladies d’origine tellurique (Kloepper et al., 1999).

Outre les rhizodépôts pendant la croissance des plantes qui déterminent la structure et les activités des communautés microbiennes dans le sol, les résidus post récolte ont un rôle dans l’établissement et le maintien d’une diversité microbienne (Govaerts et al., 2007). La décomposition de ces résidus stimule une partie de la microflore, établissant un gradient dans la structure des communautés microbiennes depuis le sol jusqu’aux résidus.

La rotation peut inclure également des cultures intermédiaires.  Les plantes de la famille des cruciféracées et des alliacées libèrent dans le sol des molécules toxiques (isothiocyanates, thiosulfinates et zwiebelanes) et biocides pour certains arthropodes, nématodes ou champignons. Le développement de champignons appartenant aux espèces Rhizoctonia solani, Phytophthora erythroseptica, Pythium ultimum, Sclerotia sclerotiorum, Fusarium sambucinum est affecté négativement (Larkin & Griffin, 2007), de même que celui de nématodes comme Pratylenchus penetrans ou de bactéries du groupe des Pseudomonas fluorescents (Cohen et al., 2005).

Par contre, dans d’autres conditions pédoclimatiques, certains champignons phytopathogènes ne sont pas affectés (R. solani), voire sont stimulés (Pythium sp.) de même que des bactéries productrices d’antibiotiques (Streptomyces spp.) ou d’oxyde nitreux.

Le mélange variétal au sein d’une parcelle a également des effets sur la diversité microbienne avec des conséquences positives pour la santé des plantes. L’augmentation de la diversité végétale réduit significativement l’extension de l’épidémie et parallèlement conduit à une augmentation de la diversité des populations d’agents phytopathogènes qui, paradoxalement, est bénéfique à la culture (Mitchell et al., 2002). En effet, la présence d’espèces végétales, de variétés ou de cultivars différents dans une ou des parcelles adjacentes se traduit au sein de la population d’agents phytopathogènes par une compétition entre les différents pathotypes présents au sein de cette population. Ainsi les différents pathotypes coexistent mais s’autorégulent et aucun ne prédomine.

 

2.3.2.      Les associations culturales

L’association des cultures semble généralement avoir des effets positifs en termes de diminution de l’apparition d’insectes nuisibles, de maladies et de plantes adventices.

Une étude des recherches consacrées à 198 espèces d’insectes a révélé que l’association des cultures provoquait une diminution de la population des insectes dans 53% de l’ensemble des combinaisons insecte/culture, une augmentation dans 18% des combinaisons, aucun effet dans 9% et une réponse variable dans 20%. La possibilité de voir diminuer le nombre de ravageurs est beaucoup plus mince lorsque l’association des cultures comprend plus d’une plante-hôte pour l’insecte en question (Andow, 1983). Un hôte peut être protégé des insectes par d’autres plantes qui le recouvrent : par exemple le chaume de riz debout peut camoufler les jeunes plants de haricot et les protéger ainsi de la mouche du haricot.

On trouve généralement plus d’ennemis naturels des insectes nuisibles dans les associations de culture que dans les cultures uniques ; les conditions de vie leur sont en effet plus favorables, puisqu’ils bénéficient d’une meilleure répartition, dans le temps et dans l’espace du nectar et du pollen. Ils disposent également d’un plus grand nombre de micro-habitats susceptibles de satisfaire leurs exigences spécifiques.

 

2.4.         Le labour et autres façons culturales

 

2.4.1.       Les adventices

Le travail du sol a constitué une des techniques de base de la gestion directe de la flore adventice dans les parcelles cultivées avant le développement des herbicides (Garola, 1919). L’ensemble de ces pratiques est encore utilisé en Agriculture Biologique.

Parmi les différentes pratiques de travail du sol, le labour apparaît comme un outil de réduction de la densité des mauvaises herbes et donc de la diversité des flores. En positionnant les semences à des profondeurs auxquelles elles ne peuvent plus lever, le labour exerce une très forte pression de sélection sur les espèces faiblement dormantes et à courte durée de vie dans le sol (graminées adventices par exemple).

Chaque type d’outils, par le travail qu’il réalise sur le sol, aura des effets variables suivant la biologie des espèces des adventices et peut, comme le cas des outils à disque, favoriser le développement d’espèces vivaces par la multiplication de leurs rhizomes (Legere & Samson, 2004).

De nombreux travaux récents s’intéressent à l’effet de la réduction du travail du sol, voire au semis direct. Les TCS (Techniques culturales simplifiées) sont réalisées dans un objectif de limitation des coûts ou de conservation du sol (lutte conte l’érosion). La majorité des résultats obtenus  et indiquent une modification de la flore adventice avec une augmentation de certaines espèces (espèces pérennes, graminées adventices).

La flore adventice pose alors un problème particulier dans la mesure où, si l’on excepte les systèmes de semis direct, la gestion intégrée et plus respectueuse de l’environnement de ces populations reposent en grande partie sur des pratiques de travail du sol qui semblent influer de façon négative sur la majorité des autres composantes biologiques de l’agrosystème.

 

2.4.2.      La faune du sol

Les effets du travail du sol sur les organismes du sol sont liés à un effet direct du travail du sol sur les organismes (déplacement : exposition aux prédateurs ; mortalité : individus sectionnés par le passage de l’engin), à une modification de leur habitat (teneur en eau, porosité, température) et enfin à une modification de la distribution spatiale des ressources organiques et minérales (ADEME, 2007).

Les groupes d’invertébrés sont diversement affectés par les techniques de labour, en fonction de leur distribution verticale, de leur mobilité et capacité de dispersion, ou de leur sensibilité à la compaction ou aux pesticides.

L’abondance des organismes de la macrofaune du sol, et en particulier des vers de terre est fortement réduite par les pratiques de labour profond ; elle est moins réduite par des pratiques plus superficielles. L’abondance relative des différentes espèces et des différents groupes fonctionnels de vers de terre est également modifiée par le labour (conservation des endogés, réduction des anéciques). En cas de labour répété et de conditions défavorables (ressources organiques faibles, conditions microclimatiques contraignantes), la richesse spécifique des communautés de macrofaune, en particulier des vers de terre est souvent réduite dans les agrosystèmes labourés, mais ce n’est pas systématique. Le nombre d’étude quantifiant la richesse spécifique est encore très faible comparativement à celles qui mesurent la biomasse des vers de terre ; or une réduction de biomasse n’est pas forcement simultanée à la perte d’espèces.

En général, le labour diminue l’abondance des larves de diptères qui se développent dans le sol, et a un effet négatif significatif sur les lépidoptères et les hyménoptères.

La profondeur de labour et le type de culture en place sélectionnent les espèces tolérantes à cette perturbation (notamment Pterostichus melanarius). Quelques espèces, supportant bien les perturbations mécaniques, peuvent atteindre de fortes abondances en systèmes de labour. En règle générale cependant, l’arrêt du labour et l’adoption de techniques culturales simplifiées, voire du semis direct, favorisent la diversité des communautés de carabes (Volkmar & Kreuter, 2006).

Les techniques culturales sans labour (TCSL) ont un impact intermédiaire entre celui du labour et celui du semis direct intégral, ce qui peut s’expliquer par la vulnérabilité plus forte, parmi les macro-arthropodes tels que les carabidés et araignées, des espèces de grande taille à une augmentation de l’intensité du travail du sol. Toutefois, même des espèces de petite taille peuvent voir leurs populations considérablement réduites par des façons culturales de forte intensité, très agressives si leur corps est à tégument mou ou peu résistant.

 

Les populations de microarthropodes sont souvent plus élevées lorsque le labour est peu profond par rapport au labour profond (Madge, 1981).

L’abondance totale des acariens Oribates et Gamasines est généralement diminuée par un travail du sol profond par rapport à un travail superficiel (Behan-Pelletier, 1999).

L’abondance et la diversité de la mésofaune,  sont réduites par la compaction des sols au passage des machines agricoles (Neher & Barbercheck, 1999).

En labour profond, le système sol est dominé par les bactéries. Les acariens astigmates, Les nématodes bactérivores et les protozoaires sont donc favorisés. En revanche dans les situations de labour réduit, le système est dominé par les champignons, avec une concentration de la matière organique en surface (Hendrix et al., 1986). On retrouve donc des réseaux trophiques plus complexes dominés par les consommateurs de champignons comme les acariens oribates, uropodes, certains prostigmates ainsi que les nématodes fongivores. Les groupes les plus omnivores, parmi lesquels les collemboles, peuvent tolérer les 2 systèmes (Neher & Barbercheck, 1999).

Le labour minimum conduit à une augmentation de l’abondance des collemboles en comparaison avec le labour conventionnel (Figure 1.2-7), mais il a peu d’effet sur la richesse spécifique de ces organismes (Brennan et al., 2006).

L’effet du labour sur les enchytréides, semble beaucoup plus faible que pour les vers de terre, en raison de leur plus petite taille et de la moindre perturbation de leur habitat par la pratique. Une augmentation de leur densité est parfois mesurée sous labour tout comme une modification de leur distribution verticale : lorsque le sol est retourné et les résidus enfouis, de fortes densités d’enchytréides sont trouvées à la profondeur de la semelle de labour (Didden et al., 1997).

Les nématodes omnivores et prédateurs sont également plus abondants sans labour (Yeates & Bongers, 1999

 

2.4.3.      Les microorganismes du sol

Le travail réduit du sol (travail superficiel) et l’absence de labour ont des effets positifs sur la densité, la diversité et la structure des communautés microbiennes mais la présence de résidus laissés à la surface du sol constitue des niches dans lesquelles peuvent se développer des agents phytopathogènes  mais aussi des microorganismes auxiliaires inhibant le développement des pathogènes (Bailey & Lazarovits, 2003). Une combinaison durée de la rotation-réduction du travail du sol permet de contrôler le développement de certains agents phytopathogènes d’origine tellurique (Peters et al., 2004). Plus généralement, à long terme, l’absence de labour et le maintien des résidus au sol créent des conditions favorables au développement des antagonistes et des prédateurs et aboutissent à un nouvel équilibre écologique stable, alors que l’exportation des résidus affaiblit le système (Govaerts et al., 2007).

 

2.5.         Etude de cas

99 études réalisées de 1990 à 2005 montrent que la biodiversité est préservée par les pratiques de l’agriculture biologique. Elles permettent notamment de fournir des habitats à des espèces menacées.

Les résultats de ces études sont rassemblés dans le tableau ci-dessous. Les valeurs indiquent le nombre des études pour lesquelles un effet positif, négatif ou mitigé de l’agriculture biologique sur la biodiversité pour un taxon a été noté.

 

Taxon

Effet positif

Effet négatif 

Effet mitigé / pas de différence

Oiseaux

7

 

2

Mammifères

2

 

 

Papillons

1

 

1

Araignées

7

 

3

Vers de terre

7

2

4

Scarabées

13

5

3

Autres arthropodes

7

1

2

Plantes

13

 

2

Microbes du sol

9

 

8

Total

66

8

25

 

D.G. Hole et al. 2005. Does organic farming benefit biodiversity? Biological Conservation 122:113–130)

Commentaire

D’une manière générale on constate que l’agriculture biologique est très bénéfique pour la diversité des vertébrés tels que les oiseaux et les mammifères. Les invertébrés tels que les araignées, les vers de terre, les scarabées et autres arthropodes de même que les microbes du sol sont très abondants en agriculture biologique. Les effets négatifs ou mitigés observés au niveau de ces derniers sont essentiellement dus au travail du sol, aux rotations des cultures et aux effets non intentionnels des biopesticides.

 

III.              Etude comparée de l’impact de l’agriculture biologique et de l’agriculture conventionnelle sur la biodiversité

La meilleure qualité de paysage généralement associée à l’agriculture biologique se traduit aussi par une plus grande diversité des biotopes existant sur les exploitations agrobiologiques. Les terres et soles de culture y voisinent avec des aires non cultivées plus nombreuses et variées qu’en agriculture conventionnelle. Certaines constituent des éléments de continuité spatiale facilitant la communication entre les différentes parties de l’exploitation, utiles pour le déplacement de certains êtres vivants. L’ensemble de ces conditions, avec l’absence d’intrants chimiques, favorise le développement d’une diversité biologique plus grande en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle, comme beaucoup d’études l’ont montré (MacNaeidhe et Culleton, 2000 ; Stolze et al., 2000 ; The Soil Association, 2000 ; Alföldi et al., 2002).

3.1. La faune et les microorganismes du sol

3.1.1.      La pédofaune

Dans le sol, les populations d’organismes se comportent différemment selon qu’on se trouve en agriculture conventionnelle ou en agriculture biologique.

Une équipe de chercheurs suisses a évalué l’impact de l’usage de pesticides sur la composition organique du sol. Ils ont effectué une série de cultures en alternant plusieurs types de plantations sur des parcelles cultivées selon des méthodes traditionnelles et selon des pratiques biologiques interdisant tout traitement phytosanitaire. Pour laisser le temps aux microorganismes de se développer et au sol de se régénérer, l’expérience a été conduite sur plus de vingt ans. Au terme de leur étude, ils ont examiné le contenu en matière organique du sol pour les deux types de cultures. Ils ont observé que la microfaune du sol était jusqu’à 25 % plus abondante et plus diversifiée dans les parcelles cultivées de manière biologique par rapport à celles ayant reçu des substances chimiques.

En étudiant le sol sous culture de tomate, en Californie, Clark (1999) a observé un plus grand nombre d’individus et d’espèces de carabes (un important groupe de prédateurs utiles du sol) en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle ; six des dix-sept espèces inventoriées n’existant que dans le sol d’agriculture biologique. De la même façon, le nombre d’individus et le nombre d’espèces de vers de terre sont plus élevés dans les sols en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle (Stolze et al., 2000). Ceux-ci peuvent être considérablement réduits en présence de pesticides dans les systèmes intensifs en agriculture conventionnelle (Paoletti, 1999a).

3.1.2.      Les microorganismes du sol

Une étude menée par Moeskops et al., (2010) compare les effets de l’horticulture biologique et conventionnelle sur la dynamique des microbes du sol à Java, en Indonésie. Un impact négatif de l’utilisation intensive des engrais chimiques et des pesticides sur l’activité enzymatique dans les sols a été mis en évidence. Selon cette étude,  à l’exception de l’acide phosphomonoestérase, l’activité des enzymes dans le sol est nettement inférieure en agriculture conventionnelle comparativement à l’agriculture biologique. En se basant sur la quantité totale d’acides gras dans le sol, tous les groupes de micro-organismes considérés (bactéries, actinomycètes, mycorhizes et autres champignons) étaient significativement plus représentés dans les sols de l’agriculture biologique que ceux sous agriculture conventionnelle.

Des expériences menées par Bulluck et al. (2001.)  ont permis d’étudier les effets des engrais chimiques et organiques sur les micro-organismes des sols et les propriétés physico-chimiques de ces sols sur trois parcelles en agriculture conventionnelle et organique  en 1996 et 1997.

Le précédent cultural a affecté la densité des spores de champignons du genre Trichoderma  sur les deux années. Le nombre d’espèces de Trichoderma était plus élevé en 1996 sur les sols ayant un précédent d’agriculture biologique que les sols en agriculture conventionnelle. De plus, le nombre de spores est resté plus élevé dans le temps dans les sols en agriculture bio comparativement à ceux en agriculture conventionnelle.

Par ailleurs, la densité des spores de micro-organismes thermophiles était significativement plus élevée dans les sols ayant reçu des amendements organiques que dans les sols fertilisés avec des intrants de synthèse.

Les bactéries du sol ont été également affectées par les types d’engrais apportés sur les deux années. Les sols ayant reçu une fertilisation organique avaient un effectif de bactéries deux fois supérieur à celui enregistré au niveau des sols sous fertilisation chimique.

 

3.2.   Les adventices

Plusieurs auteurs ont montré que les cultures biologiques peuvent tolérer une densité de mauvaises herbes plus élevée que les cultures conventionnelles, sans différence de rendement significative (Belde et al., 2000). La plus grande abondance d’adventices existant avec l’agriculture biologique s’accompagne généralement d’une plus grande diversité d’espèces, parmi lesquelles peuvent se trouver des espèces rares ou écologiquement bénéfiques (Albrecht et Mattheis, 1998). Les rhizobactéries plus abondantes dans les sols les plus riches en matière organique, ce qui est généralement le cas avec l’agriculture biologique  par rapport à l’agriculture conventionnelle, peuvent aussi avoir un effet toxique et inhiber le développement d’adventices, surtout dans le cas de systèmes de rotation intégrant des engrais verts.

 

3.3.   Les ravageurs et insectes utiles

La diversité des habitats non cultivés parmi les champs de culture, associée à un paysage complexe mais cohérent, favorise le développement d’ennemis naturels des ravageurs des cultures.  Cette présence accrue d’insectes auxiliaires assure une meilleure protection des cultures et diminue l’intérêt d’utiliser des insecticides.

Thies et Tscharntke (1999) ont ainsi constaté que Meligethes aenues, un important ravageur du colza, se trouve plus fortement parasité et cause de plus faibles dommages aux cultures dans des systèmes comportant un plus grand nombre d’espèces de plantes sauvages. Les plantes en culture biologique sont souvent plus tolérantes aux attaques d’insectes que les cultures conventionnelles et subissent moins de dommages par rapport au nombre de ravageurs présents (Lotter et al., 1999).

Dans leur étude comparative réalisée en Californie, Letourneau et Goldstein (2001) ont constaté qu’il n’y avait pas de différence de niveau de dommage pour les cultures de tomates entre agriculture biologique et agriculture conventionnelle ; mais les tomates biologiques étaient associées à une bien plus grande diversité d’espèces d’arthropodes appartenant aux principaux groupes fonctionnels d’herbivores, de prédateurs et de parasites.

Par ailleurs, des études réalisées en serre ont montré que des plantes placées sur des sols issus d’agriculture biologique sont également plus résistantes aux attaques et réduisent de façon significative le taux de reproduction et la longévité des insectes (Sogatella furcifera sur riz, Ostrinia nubulalis sur maïs), par rapport aux plantes situées sur des sols comparables mais issus d’agriculture conventionnelle (Kajimura et al., 1995 ; Phelan et al., 1996 ; Phelan, 1997). La plus grande sensibilité des plantes aux insectes herbivores est corrélée à des teneurs plus élevées en azote dans ces plantes (Phelan et al., 1996 ; Phelan, 1997), de même qu’à une plus grande quantité d’acides aminés libres présents (Hedin et al., 1993). Ces paramètres augmentent eux-mêmes avec les apports d’engrais azotés, qui sont généralement élevés en agriculture conventionnelle. Le riz biologique a non seulement des teneurs en acides aminés libres plus faibles mais aussi des parois cellulaires plus épaisses que le riz conventionnel, se trouvant de ce fait moins sensible aux insectes (Hirai et Kimura, 1979).

Dix  études citées par Hole et al. (2005) indiquent une plus forte abondance des insectes auxiliaires et des araignées dans les cultures en agriculture biologique, comparée aux cultures protégées au moyen de pesticides chimiques. Par ailleurs, le déclin des espèces pollinisatrices, hyménoptères et diptères, très largement documenté dans la communauté scientifique, est attribué pour partie à l’utilisation des pesticides, mais également à la fragmentation des habitats et à la réduction des ressources alimentaires liées à la diversité végétale.

La disparition progressive des colonies d’abeilles, notamment dans les pays industrialisés serait principalement due à l’utilisation des pesticides chimiques ou biologiques. Des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles. Pour éviter les épandages incontrôlables, les nouvelles générations d’insecticides enrobent les semences pour pénétrer de façon systémique dans toute la plante, jusqu’au pollen que les abeilles rapportent à la ruche, qu’elles empoisonnent. Même à faible concentration, l’emploi de ce type de pesticides détruit les défenses immunitaires des abeilles.

Pour preuve, des champignons parasites de la famille des Nosema sont présents dans un grand nombre d’essaims en cours d’effondrement où les butineuses, apathiques, ont été retrouvées infectées par une demi-douzaine de virus et de microbes.

La plupart du temps, ces champignons sont incorporés à des pesticides chimiques, pour combattre les criquets (Nosema locustae), certaines teignes (Nosema bombycis) ou la pyrale du maïs (Nosema pyrausta). Mais ils voyagent aussi le long des voies ouvertes par les échanges marchands, à l’image de Nosema ceranae, un parasite porté par les abeilles d’Asie qui a contaminé ses congénères occidentales tuées en quelques jours. C’est ce qu’a démontré dans une étude conduite sur l’ADN de plusieurs abeilles l’équipe de recherche de Mariano Higes installée à Guadalajara, une province à l’est de Madrid réputée pour être le berceau de l’industrie du miel espagnol. Selon lui, ce parasite est le plus dangereux de la famille. Il peut résister aussi bien à la chaleur qu’au froid et infecte un essaim en deux mois.

 

3.4.    Maladies

Il a été constaté avec la tomate et avec la vigne (Lotter et al., 1999) que les maladies affectant les racines des cultures sont généralement moins développées en agriculture biologique qu’en agriculture conventionnelle. L’apport de matière organique suffisamment bien évoluée, avec des valeurs du rapport C/N optimales de l’ordre de 12 (Lotter, 2003), permet de réduire ces maladies des racines, notamment les Pythium et Phytophthora, en favorisant le développement de micro-organismes antagonistes, bénéfiques dans le sol. Avec l’apport régulier de compost et l’existence d’une biomasse microbienne du sol plus importante et active, l’agriculture biologique peut offrir, par rapport à l’agriculture conventionnelle, des conditions plus favorables aux phénomènes de compétition et d’antagonisme contre ces maladies. La présence de mycorhizes vésiculaires et arbusculaires sur les racines contribue aussi à les protéger contre les champignons pathogènes; ce peut être également le cas avec les cultures biologiques qui sont justement plus fortement mycorhizées que les cultures conventionnelles (Mäder et al., 2000).

Des apports de compost sous forme solide ou en applications aqueuses sous forme de jus de compost se sont révélés bénéfiques pour renforcer la résistance des plantes, en stimulant leur capacité à produire des substances réduisant le développement des maladies pathogènes et des attaques d’insectes (Fuchs, 2003). Il est à souligner que dans le cas d’apport de compost au sol susmentionné, la résistance de la culture de concombre se trouve améliorée aussi bien contre l’anthracnose que contre la pourriture des racines dans le sol (Pythium). En revanche, les herbicides utilisés en agriculture conventionnelle peuvent être une cause de diminution de résistance aux maladies, comme cela a été montré pour le glyphosate qui peut inhiber la résistance de la culture à laquelle il est censé profiter (Descalzo et al., 1998). Des études réalisées sur le haricot à ce sujet montrent que les réactions de défense contre différents Pythium sont alors fortement diminuées du fait d’une réduction du processus de lignification au niveau des racines et d’une altération de la composition des exsudats racinaires de la plante (Liu et al., 1997).

 

3.5.   Les plantes cultivées

L’agriculture biologique s’efforce, davantage que l’agriculture conventionnelle, de développer la biodiversité spatiale et temporelle. Elle s’appuie autant que possible sur les savoirs locaux et peut participer à la réhabilitation d’aliments traditionnels et de plantes cultivées bien adaptées aux conditions locales, mais plus ou moins tombées en désuétude. Ce sont par exemple des espèces de légumes anciens en Europe, mais il peut s’agir aussi de l’amarante (graines de trois espèces d’Amaranthus) des Aztèques au Mexique, ou de la passerage (racine de Lepidium meyenii) des Incas au Pérou et en Bolivie (Barbault, 2002). Et il n’est pas exclu, non plus, de pouvoir domestiquer en agriculture biologique certaines plantes sauvages tropicales comestibles ayant un potentiel de culture vivrière, telles que le haricot ailé de Nouvelle-Guinée (Psophocarpus tetrogonolobus) dont toutes les parties aériennes sont comestibles ou « l’arbre de vie » des Amérindiens d’Amazonie (Mauritia flexuosa) dont les fruits, les pousses et la moelle sont comestibles. En raison de ses conséquences bénéfiques sur la biodiversité, l’agriculture biologique répond bien aux exigences des aires protégées, dédiées à la protection et à la conservation de la diversité biologique mais où des activités agricoles peuvent être maintenues. Elle est aussi tout à fait appropriée dans les zones tampons bordant ces aires protégées : comme cela se fait avec des cultures de caféiers biologiques sous ombrage, au Salvador, ou encore dans les zones bordant des réserves intégrales, comme dans le cas du sanctuaire forestier d’Ampay, au Pérou (Alföldi et al., 2002).

L’agriculture conventionnelle moderne a considérablement réduit le nombre d’espèces et surtout de races d’animaux et de variétés de plantes utilisées pour la production agricole (Alföldi et al., 2002).

La fertilisation des parcelles cultivées a eu pour conséquence une certaine homogénéisation des milieux en terme de disponibilité en nutriments qui a entraîné la disparition des espèces adaptées aux milieux pauvres en nutriments.

Dans le cas particulier de la fertilisation azotée, l’ajout de nitrates, en plus d‘avoir eu un effet « herbicide », a d’une part fortement favorisé le pouvoir compétitif des variétés cultivées sélectionnées dans cette optique, d’autre part favorisé des plantes adventices généralistes ou nitrophiles qui ont profité de ce pool de nutriments supplémentaires. La fertilisation azotée est donc considérée comme un des principaux facteurs responsables de la baisse de la richesse spécifique dans les parcelles, mais aussi dans les bordures adjacentes.

L’agriculture biologique, au contraire, recherche et travaille avec les races et les variétés locales, mieux adaptées pour résister aux maladies, aux ravageurs et à d’autres contraintes comme les stress climatiques, sans s’interdire pour autant l’usage de variétés et races modernes. Nombre de banques de semences et de programmes de conservation des variétés locales dans le monde sont liés à l’agriculture biologique ; comme dans le cas du projet de développement rural et d’agriculture durable de Gilgil, au Kenya, où les semences locales ont révélé un comportement bien meilleur dans les conditions de sécheresse sévère (Wairegi, 2000, cité par Alföldi et al., 2002). À Cuba, l’exemple de la culture de giraumon (variété de courge) montre aussi que des variétés locales sélectionnées peuvent fournir d’aussi bons rendements (8-10 t/ha) en agriculture biologique que des variétés modernes en agriculture conventionnelle, mais avec quatre fois moins d’énergie consommée. Le travail de sélection et d’amélioration suscité par la démarche de l’agriculture biologique contribue à valoriser et à enrichir le patrimoine génétique agricole à l’échelle locale, tout en participant à la sauvegarde et à la réhabilitation de races et de variétés « de pays » souvent menacées. Ce travail contribue, d’une façon plus générale, à la conservation et au développement de la diversité biologique souvent mise à mal par l’agriculture conventionnelle.

 

L’agriculture biologique  ne participe pas à la diffusion d’organismes génétiquement modifiés (OGM), dont elle s’interdit l’usage. Les produits biologiques ne sont pourtant pas, pour autant, assurés d’être totalement exempts d’OGM. Ils peuvent, en effet, subir des contaminations ayant différentes causes : l’utilisation de semences déjà contaminées, le contact avec des OGM dû à l’échange de matériel de culture entre exploitations ou au cours des traitements et conditionnements postérieurs à la récolte, le transport de pollen; cette dernière cause étant certainement la plus difficile à éviter. L’absence des risques associés à la culture d’OGM peut aussi être portée au crédit de l’agriculture biologique. Ce sont, par exemple, les dommages que peuvent subir des populations d’insectes utiles en présence de plantes OGM résistantes à certains insectes, les risques de pollution transgénique vers des espèces de plantes sauvages, susceptibles d’entraîner une utilisation accrue de pesticides, ou même le risque que certaines cultures résistantes se répandent dans la nature de façon incontrôlée et mettent en danger la flore indigène. Cela se serait déjà produit avec un colza OGM résistant à trois herbicides, devenu une des adventices les plus gênantes au Canada (Spears, 2001). Il ne faut pas non plus écarter le risque de voir des cultures OGM produisant les toxines BT (Bacillus thuringiensis) entraîner le développement involontaire de lépidoptères ravageurs résistants à ces toxines et rendre inefficace l’utilisation de Bacillus thuringiensis pour la lutte biologique, notamment en agriculture biologique.

 

 

Conclusion

La conservation de la biodiversité est très importante pour le maintien de l’équilibre des écosystèmes et une durabilité de l’agriculture. Cependant, durant  plusieurs décennies, l’agriculture a pratiqué une surexploitation abusive des ressources naturelles pour satisfaire les besoins croissants de la population. Aujourd’hui, l’agriculture biologique, à travers un certain nombre de pratiques essaie autant que  de restaurer les équilibres des écosystèmes et de garantir un respect des cycles naturels et une durabilité des systèmes agricoles. Cependant, certaines pratiques de cette agriculture ont encore un impact négatif sur la biodiversité. Il convient donc de rechercher des palliatifs pour améliorer l’agriculture et contribuer à une meilleure conservation de la biodiversité.

 

 

 

 

JO

Créé par le 22 fév 2011 | Dans : Non classé

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les 7 merveilles de la vie

Créé par le 22 fév 2011 | Dans : Non classé

merveille

AMOUR

Créé par le 16 fév 2011 | Dans : Non classé

L’AMOUR L’amour, c’est comme une bulle ; c’est sensible, fragile, incertain… 

Si on ne s’en occupe pas comme il faut, elle risque de se percer. Il faut donc en prendre soin, comme l’on prendrait soin d’une plante. 

Pour que cet amour dur, il faut que les deux amoureux y croient aussi fort l’un que l’autre… Il faut qu’ils soient sûrs que rien ni personne ne saura briser l’amour qu’ils éprouvent l’un pour l’autre. 

Lorsqu’on est amoureux, on a énormément peur 

On peut avoir peur de faire quelque chose qui risquerait d’atteindre à son amour, On peut aussi avoir peur que l’amour de sa vie rencontre une autre personne qui serait ‘ mieux ‘ que vous aux yeux de votre amoureux… 

Cela implique aussi de la jalousie Quand on est amoureux, on est jaloux de toutes les personnes qui auraient, à vos yeux,
plus de qualités que vous ou qui fréquenteraient trop votre amoureux…
 

Une personne qui aurait peut-être, d’après vous, le pouvoir de séduire votre amoureux. Vous avez confiance en lui, certes, mais pas en ce/cette séducteur/séductrice. 

« Quand on est aimé, on ne doute de rien. Quand on aime, on doute de tout. » 
Mais votre amoureux ne se laissera pas séduire.
 


Tout simplement parce que c’est vous qu’il aime.
 
Parce que c’est vous qu’il veut, et personne d’autre.
 

L’amour est d’abord basé sur une confiance mutuelle. 

Si vous n’avez pas confiance en votre amoureux, il n’aura pas confiance en vous, et votre amour ne saura durer. Prenez soin de votre amour, prenez soin de votre amoureux. Sinon celui-ci risque de mourir. 

Sachez que si vous possédez un amour, vous possédez aussi une chance incomparable.  Si vous ne possédez pas cet amour… Ne baissez jamais les bras, car l’amour vous attend. Mais il faut le trouver… Il est peut-être partout. Mais il est là, soyez-en sûr(e)… 

PRINCE DU VENT  HEMANN le VEILLEUR 

Créé par le 16 fév 2011 | Dans : Non classé

emilyscott1212010101740am586.jpg n’estce pas mortel?

Présentation au blogeur

Créé par le 11 fév 2011 | Dans : Non classé

salut à tous les blogeurs moi c’est rman. je suis étudiant au bénin et actuellement je prépare ma licence professionnelle en agronomie. c’est tellement difficile d’écrire un mémoire encore que vous êtes la première promotion. je suis au département de production végétale à la faculté des sciences agronomique option sciences et techniques de production végétale. mon rêve c’est de voir un jour mon pays émergé sur le plan de l’agriculture qui est la base de tous dévéloppement.

Bonjour tout le monde !

Créé par le 11 fév 2011 | Dans : Non classé

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